Archive pour mars 2013

Peur et paranoïa

Samedi 30 mars 2013

Trois réponses possibles pour un animal qui a peur, directement liées à l’instinct de survie : la fuite (logique!), le combat (ultime baroud d’honneur ? intox et intimidation ?) et le réflexe d’immobilisation ( pour paraître moins ragoûtant au prédateur).

Trois réponses que l’on retrouve par exemple chez les individus opprimés par une dictature.

Confession pas trop difficile à consentir : ma devise est « courage, fuyons ! ». C’est en vertu de ce principe que, en réaction à la dictature de la télévision, je ne regarde pas les JT, car mes rares stations devant celui de Pujadas ou celui de TF1 ne m’ont jamais convaincu du contraire : l’info est anxiogène.

D’autres individus sont au contraire figés. On ne veut rien rater de la prise d’otages ou des mauvais chiffres du chômage. On reste scotchés à la lucarne, fascinés par une info angoissante et dévorés par la FOMO (Fear Of Missing Out) - ce truc zarbi qui fait, par exemple, qu’on est incapables de décrocher du fil d’actualité de facebook-

Les chaînes l’ont compris : un JT-panique et on sera encore présents et hypnotisés pour la page de réclames.

Ah, dernière confession : je ne suis pas seulement angoissé, je suis aussi paranoïaque.

Femmes du jour

Mardi 12 mars 2013

C’est le 400ème anniversaire de la naissance de Le Nôtre, mais ce sont des contemporains du jardinier que je rencontre aujourd’hui dans la biographie de Claude Pasteur consacrée à « La princesse Palatine » :

Femmes du jour palatine

  1. Elizabeth-Charlotte de Bavière, la princesse Palatine ou « la bonne grosse Allemande »
  2. son mari Philippe duc d’Orléans, frère de Louis XIV, PD comme un phoque
  3. son ennemie jurée, Mme de Maintenon qu’elle surnomme, entre autres épithètes injurieuses,  »la vieille guenon » : favorite du roi qui supplante Mme de Montespan et qui devient même son épouse par un mariage clandestin après la mort de la reine Marie-Thérèse,
  4. le confesseur du roi, le père La Chaise, surnommé « la chaise de commodité » tant  il louvoie pour ne pas froisser sa majesté lorsque la morale est mise à mal.

La biographie est écrite  à partir de l’abondante correspondance de « Liselotte » avec sa tante et ses amis. Pour avoir une idée de la grossièreté et du franc-parler de la princesse  : http://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/9-octobre-1694-la-princesse-palatine-belle-soeur-de-louis-xiv-n-aime-pas-chier-a-fontainebleau-08-10-2012-1514780_494.php

Journée de la femme exige, c’est une sacrée dame qui a été peu l’objet de toutes mes attentions  : Jeanne Antoinette Poisson,  Mme d’Etiolles par le mariage, puis marquise de Pompadour.

Favorite du roi Louis XV à partir de 1745, elle règne d’abord sur ses sens puis sur son esprit en devenant, lorsque sa beauté s’estompe, « l’amie nécessaire du Roi ». Son ascension fulgurante de la roture à la cour, et son combat permanent pour y rester à cause d’une impossible légitimité, sont décrits avec verve dans la biographie de Evelyne Lever.

On trouve du croustillant dans le livre de Lever. De nombreux détails sur les parties fines à la cour, des passages plus sordides que certains papiers de Voici. L’auteure évoque par exemple des soucis intimes notoires de la Pompadour (pertes blanches et frigidité) chantés dans les « poissonades ».

Un point de détail pour relier le tout : Mme de  Pompadour, née Jeanne Antoinette Poisson, admire le parcours de Mme de Maintenon (née, sans titre, Françoise Scarron ) sous le règne de Louis XIV (60 ans avant sa propre accession à la couche royale de l’arrière-petit-fils du roi Soleil).

Et vous savez quoi ? toutes les deux sont mortes un…15 avril !

Expression du jour

Mardi 5 mars 2013

Dans son spectacle de samedi à Lyon, l’humoriste Vérino relève, dans le basique échange courtois entre deux individus qui se rencontrent, une question drôlement formulée  « -ça va ? » et une réponse « -oui » pour le moins sibylline. Le verbe aller appelle une direction !

Direction les chiottes, c’est sa thèse et elle vaut davantage qu’un pet de lapin : « ça va ? » sous-entend « ça va à la selle ? ». L’expérience semble lui donner raison : un mauvais transit intestinal est un obstacle au bien-être. Pour abonder dans son sens, on remarque qu’on a un pet de travers lorsqu’on ne va pas bien (à la selle),  qu’on a l’air constipé quand on est contrarié, et, au contraire, qu’on pète le feu lorsque ça gaze. On note enfin que le créole de la Réunion peut dire « -comment i pète ? au lieu de « comment i lé ? »

Puisqu’on est dans les expressions, puisque je ne risque pas de péter un phare (caché derrière mon écran) , voici ma livraison (mon colis, ma colique ?) du jour.

On ne soupçonne pas la tempête sous le crâne d’un mec qui fréquente les prostituées. Vidange des bourses (au sens hygiénique du terme) mais vacuité de la bourse (au sens propre). Dilemme cornélien : trousser (et c’est la fête) ou se détrousser (la défaite). La formule est célèbre : la bourse ou le vit.

 

 

Michael Jakson Immortal World Tour

Vendredi 1 mars 2013

Rencontre insolite. A une demi-décennie de distance, celle d’un roi, M. Jackson, et d’un sujet non-légitimiste. L’un ne connaît rien à la musique, l’autre la respirait. L’un n’a jamais retenu la chorégraphie du Gangnam Style, l’autre est le dieu du moonwalk. L’un était un météore qui illumine encore les imaginations, l’autre n’a pas d’imagination. L’un a traversé l’histoire de la Pop comme Jésus marche sur l’eau, l’autre n’est pas croyant.

Et pourtant, le mécréant a eu une vision dans l’Arena de Montpellier. Jackson lui est apparu, comme une star, aussi aveuglant que le soleil.

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Dans un feu d’artifices, dans une explosion de son et lumière, il a ressuscité au milieu d’une cinquantaine d’apôtres, au milieu de costumes éblouissants et de chorégraphies millimétrées.

Mention spéciale à un numéro de danse-poteau au cours duquel la danseuse, avec une facilité insolente, pousse le grand écart bien au delà de l’extrême circonférence du compas. Grâce à un angle rentrant (dans le jargon matheux), son anatomie en devient saillante.

Et mention très spéciale au mime Martin pour sa grâce, « l’étoile brillante du cirque du soleil » pour reprendre le compliment du Midi Libre.