Archive pour août 2013

Je marche…

Vendredi 30 août 2013

Après s’être posé en catastrophe et avoir endommagé irréversiblement son Potez 25 à mi-chemin entre le Chili et l’Argentine, l’aviateur Guillaumet décide de franchir à pied les 6 cols qui le séparent de Buenos Aires. Il sait que succomber au sommeil, c’est mourir de froid. Dans le film Les ailes du courage vu au Futuroscope, J-J. Annaud lui fait répéter inlassablement : « je marche, je marche, je ne m’arrête pas. »

Formule que l’on fait sienne de la Vienne à la Vendée (au placard les charentaises !), même si l’excentrique Sophie fait parfois des siennes.

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Elle a failli préférer une bande de larrons anti-gay à un groupe de gais lurons !

On troque un instant notre bâton de pélerin contre une pigouille, et voilà la famille Sapajou sur les canaux de la Venise Verte, au milieu des frênes et des peupliers, entourée de ragondins,de couleuvres et de demoiselles. Le petit port d’ Arçais au coeur du Marais Poitevin est sympa, les prix du restaurant qui s’y trouve beaucoup moins. Comme dit Sexion d’assaut : « Arçais, Arçais, J’crois qu’j'vais finir par me trancher l’aorte. »

Ce périple effréné ne laisse pas les voyageurs sans séquelles. Myriam – qui confond cornichon et concombre- est catégorique, elle a déjà rencontré des canards à 4 pattes (et pourquoi pas des ânes à 5 jambes ? )

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Cyril a en fin de journée des hallucinations

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et Clément est désagréable au réveil  :

« -c’est le carillon de l’église qui sonne ( alors que Tom pète)

- c’est plutôt le caribou qui brâme. »

Que dire de Sophie qui s’installe à la Rochelle en terrasse … au Café du Nord ? Elle est à l’Ouest !

C’est sans regret qu’on traverse certains lieux sur les chapeaux de roues ; La Roche-sur-Yon par exemple, célèbre pour son haras, a vu naître le logo de « la Vache qui rit » mais est aussi triste qu’un pentagone quadrillé (de quoi se faire hara-kiri !)

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Seules l’exposition « Citroën et les arts » et son immense cathédrale ne valent le coup d’oeil.

En revanche, faute de temps, on peut déplorer

- un séjour à la Rochelle, pendant l’université du PS, sans échange avec Taubira (ne serait-ce que le temps d’une valse)

-une leçon de surf avec Kelly Slater à Poitiers sans bain dans l’Océan, ou un passage-éclair à Rochefort sans fouler le pont de l’Hermione.

Dom résume : « on n’a eu ni feuille de rose, ni fleur de sel ! »  Tom résume : « le comble, c’est venir aux Sables d’Olonne et ne pas voir le sable. »

Faut dire que l’Océan est capricieux. Drôle d’escale à Fouras où la mer à marée basse nous interdit de rencontrer le père du même nom. Drôle de sensations aussi au passage du Gois avant qu’on ne rejoigne St Philbert à Noirmoutier.

Quelle chance, on n’est pas dans la mouise !

 

 

 

 

A propos des soldes

Vendredi 9 août 2013

(Raisonnement adapté d’une démonstration de Chamayou sur l’usage du drone)

Le gonze spécialiste du « juste prix », qui passe au crible les sites de ventes en ligne à l’affût de la bonne affaire, fait de façon certaine de bonnes affaires mais, emporté par son élan de possession, peut être confronté à son insu à quelques contradictions.

« J’ai bénéficié d’une grosse réduction pour chacun de mes achats, t’imagines même pas ce que j’ai économisé. » C’est trop vite oublier que la comparaison avec un achat moins réfléchi et donc moins favorable est assujettie à la conditionnelle  « si je fais le dit achat ». Or, précisément, le prix de l’article non soldé peut être prohibitif et rédhibitoire . Ainsi, la dépense n’est pas plus basse que ce qu’elle aurait été s’il n’y avait pas eu de réduction puisque, dans ce cas, la dépense serait nulle ! Certains produits nécessaires ne cessent-ils pas  de l’être lorsque leur acquisition est impossible à moindre coût ?

Secundo, la pratique d’optimisation se révèle parfois contre-productive ; Qui n’a pas acheté deux modèles de pompes parce que la réduction faite sur la première paire couvre en partie- et c’est bien là que le bât blesse- le prix de la seconde ? L’étiquette « solde » rend l’achat plus acceptable psychologiquement, l’acquisition plus fréquente mais, au final, la dépense se fait plus lourde sur le mode cumulatif.

I love Paris

Jeudi 8 août 2013

Si Paris devait désigner un gus à qui donner une pomme d’or sur laquelle est gravé « à mon touriste le plus enthousiaste », elle serait bien ennuyée d’ en faire une pomme de la discorde, incapable de choisir parmi les garçons et moi.

I love Paris concordance-300x225 (3 en 1 : Tom, Clem et le photographe Dom)

Casquette vissée sur la  tête et baskets aux pieds, nous sommes embarqués sur un axe du temps, remontant dimanche du Louvres à l’obélisque, ou venant lundi de la Défense où nous logeons pour descendre les Champs, de l’Etoile vers les jardins des Tuileries.

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Mais Paris ne se gagne pas à coup de gros traits linéaires : l’Arc du Caroussel au sortir du Louvres répond par exemple au lointoin Arc de Triomphe (dans le Paris du Premier Empire), la Grande Arche à la pyramide de Ming Pei sous l’ère Mitterrand. Seul un regard stroboscopique permet une lecture chronologique de Paris tant les éléments de diverses périodes sont juxtaposés.

Voire imbriqués ; C’est par exemple en piétinant place de la Concorde que l’Histoire se refait sous nos pieds en un concentré de passions : aménagée sous l’oeil exigeant de la Pompadour, la place est baptisée place louis XVI sous la restauration, après avoir vu tomber la tête de ce même Louis en 1793, avant de prendre son apaisant nom actuel.

Autre perspective chronologique lorsque nous filons entre le Petit et Grand Palais de 1900 et traversons le pont Alexandre III avant de pénétrer les Invalides et son église Saint Louis. Clément, victime d’une défaillance, passe les pelouses sur mon dos, comme un clin d’oeil à l’hospitalisation des soldats blessés de Louis XIV.

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Enfin, toujours pour rappeler qu’un respect strict de la chronologie n’est pas toujours possible, nous avons choisi la Seine et ses méandres. Du pont Iéna face à la Dame de Fer, nous glissons sur l’eau jusqu’ à Notre Dame qui nous salue « du haut de toutes ses pierres ».

Paris is magic. Même la pomme de Newton ne touche plus terre.

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Sur l’air des lampions : « Pa-ris, Pa-ris, On-t’a-dule », avant le choc de demain à la Mosson et son slogan de circonstance.