To like or not to like

Je l’ai fait ! En mon âme et conscience. J’ai liké !

Ce n’est pas une réaction à chaud, un geste impulsif, épidermique, exécuté sous le coup de la colère et l’exaspération.

J’ai pesé, sous-pesé puis appuyé mon clic comme on appuie une passe au foot, avec conviction et application. Tout sauf un « bête-clic », tout sauf un like-réflexe-de-Pavlov. C’est un clic en mode argentique.

C’est une adhésion avec adhérence, avec engagement, à 100 lieux des clics routiniers à « coût cognitif nul ».

Et s’il y a évidemment dans ce choix de l’empathie pour le protagoniste principal, il  y a surtout la volonté de dire tout haut que « le système » marche sur la tête. Alors, chers amis connectés, n’hésitez plus et likez, comme moi, la page de soutien à …Tissier.

Comment ? Qui est Tissier ? En deux mots :  Sophie Tissier est intermittente sur D8 et elle a été écartée des plannings parce qu’elle a fait irruption sur le plateau de Hanouna en plein enregistrement,  pour dénoncer une pratique détestable du groupe Canal +, celle qui consiste à baisser les salaires des intermittents pour mieux servir encore la soupe (populaire) le caviar aux actionnaires.

En revanche, j’ai pas liké le bijoutier de Nice.

D’abord, par réserve vis-à-vis du like et de son caractère binaire. Héros ou criminel, peine de mort Vs peine de probation … En un clic, on peut être « embarqué » avec de gros cons excessifs, sans partage d’aucune valeur.

Par ailleurs,  la récupération d’un tel fait-divers par des groupes charognards est inévitable et je suis réticent à faire le jeu des extrémistes en votant.

J’enfonce une porte aux deux battants largement ouverts : le bijoutier doit répondre de ses actes devant la justice mais, même si la notion de circonstance atténuante est obsolète depuis 1994, le bijoutier doit être jugé à l’aune du contexte.

J’imagine que nombreux sont les likeurs qui ont enfoncé la même porte ouverte et qui ont liké par empathie, ou pour dire (au delà de toute idéologie) que le « système » est défaillant.

Aussi, lorsqu’un journaliste de gauche (dont je suis par ailleurs fan) écrit : « Evidemment, ce soutien n’est pas l’équivalent d’un vote Marine Le Pen. Les « likeurs » ne disent pas : « je voterai pour elle ». Ni même « je comprends ceux qui votent pour elle ». Pas encore. », ça me hérisse le poil.

 

 

 

 

 

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