Si rien n’est fait …

Pour alléger mon emploi du temps – j’anticipe les commentaires calomnieux en précisant que c’est possible de le faire sans vider mon service de toute substance – j’ai dû endosser plusieurs costumes, et pour commencer, celui du chasseur de têtes. A la recherche d’un doctorant volontaire et libre d’effectuer des vacations.

Après avoir hanté quelques couloirs de la fac et poussé sans succès plusieurs portes, j’ai un premier contact. Mais au bout de deux mails, l’étudiant (de nationalité syrienne) décline ma proposition. Il me dirige toutefois vers un compatriote qui pourrait faire l’affaire.

« - Mon prénom est Assad, mais rien à voir avec Bachar « , semble-t-il être obligé de préciser dans un français sur lequel ne s’est accroché aucun accent étranger et qui se révélera impeccable.

Commence alors une deuxième mission, celle d’un travailleur social. Assad ne rentre dans aucune case pour la constitution de son dossier.

  1. Il est étudiant mais a plus de 28 ans.
  2. Il est boursier selon Campus France et ne peut prétendre à des vacations. Le hic, c’est qu’il ne perçoit plus un rond depuis sept 2012 à cause de la situation syrienne.

On se rend ensemble à la DRH, avec l’espoir ténu d’un traitement autre qu’informatique de son dossier. La dame qui nous reçoit n’est pas convaincu par son histoire. Elle nous regarde avec méfiance, elle nous dévisage l’un après l’autre comme un procureur considérerait un couple suspecté d’avoir contracté un mariage blanc. Face au tout numérique, elle n’a sûrement pas le pouvoir de satisfaire la demande d’Assad, mais elle pourrait être au moins sympathique au lieu de répéter sèchement sa tautologie « la loi, c’est la loi ! »

Comment faire pour bosser moins et aider Assad qui galère de plus en plus ?

Et là, je deviens truand. Avec son accord, Assad sera vacataire à titre gracieux, je serai celui qui sera rémunéré, et je lui filerai des « enveloppes en papier kraft », comme syrien n’était.

Reste une dernière activité qui m’excite déjà : entendre le témoignage d’un Syrien, pas un témoignage de seconde main et jouer « pour un instant…pour un instant seulement »  l’apprenti journaliste.

Une réponse à “Si rien n’est fait …”

  1. Chantoune dit :

    fais gaffe : « chez ces gens là, On n´cause pas, Monsieur
    On n´cause pas, on compte  » ;-)
    Allez et bonne chance à Assad ( s’il n’a vraiement rien à voir avec Bachar)

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