La chèvre

C’était une tentative de suicide médiatique. Un cas d’école avec, en particulier, le choix d’un dispositif cathodique spectaculaire et la violence de l’ultime sur-sot  sursaut de vie. Suicide que personne n’aurait déploré : à  cause de son égoïsme, de sa bêtise et de son arrogance, le désespéré Evra est désespérant et détestable.

Pourquoi ne pas le laisser sombrer seul ? Pourquoi les consultants qu’il attaque ne se contentent-ils pas d’un lapidaire « no comment », mais ressentent-ils la nécessité de tirer sur l’ambulance ? Vexation ? Volupté de l’extrémisme verbal ?

L’effet constaté est contraire à celui visé et leur victoire à la Pyrrhus. Evra, c’ est le noyé sur le point de couler, paradoxalement « renfloué » comme un bouchon de liège parce qu’en lui appuyant sur la tête, on aurait décuplé la poussée d’Archimède.

J’écarte le cas Fernandel Fernandez (comique à son insu) : il est vexé comme un pou et se sent obligé de rappeler son palmarès.

C’est le cas Ménès qui m’interpelle. Réponse-boomerang à la non-légitimité du terrain que souligne Evra : « le jour où Evra fera une intervention sans massacrer la langue française, j’arrêterai ma carrière. »

Qui est la chèvre dans l’histoire ? le malappris des quartiers qui n’a pas compris qu’on peut analyser le foot avec pertinence même en n’ayant jamais chaussé de moulés, ou le journaliste cultivé qui, par son verbe haut, jouit en écrasant le faible ?

Ménès livre des éditoriaux-conversations-de-comptoir, provocateurs, décomplexés, mais du coup décomplexifiant. Peut-il ensuite s’étonner des réactions ordurières et les juger disproportionnées ?

Déclaration : « Un jour après Knysna, quand il était en campagne électorale, les larmes aux yeux, j’ai dit qu’il vendrait sa mère pour revenir en équipe de France. Il me semble que cette expression existe dans la langue française. Je ne l’ai pas inventé moi-même pour la maman de Patrice Evra qui est sûrement une femme charmante. Il faut arrêter la parano. C’est trop facile.« 

Enfin, on est tenté de relativiser le manque d’éducation du  footeux  qui s’en prend de façon indélicate au physique (et aux bijoux de famille) de Ménès, quand ce même Ménès déclare que le journaliste Christian Jeanpierre de TF1, en faisant le choix de diffuser l’interview, n’ a rien dans le froc.

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