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Archive pour novembre 2013

Le dernier chat noir – E. Trivizas – Edition du jasmin (2/2)

Vendredi 29 novembre 2013

 » Quels animaux êtes-vous ? s’enquit un jour le vieux cheval à la patte blessée, dont les yeux malades ne voyaient plus très bien.

- Des chats.

- Noirs ?

- Oui.

- De ceux qui portent la poisse, à ce que l’on dit ?

- De ceux-là ! Mais ce que l’on dit n’est pas vrai…

- Je le sais bien.

- Qu’en sais-tu ?

- Les hommes disent n’importe quoi…ils croient dur comme fer, les insensés, que les fers à cheval portent chance…Moi, par exemple, j’ai quatre fers aux pattes, et voyez où j’en suis  !…une patte folle, des yeux foutus, un avenir opaque…Les fers à cheval portent chance ? Ah ! Laissez-moi hennir ! »…

…Nous nous apprêtions à prendre la direction de l’étable, quand nous entendîmes une détonation…Les quatre « porte-bonheur » qu’il avait aux sabots n’avaient pu le sauver de la cruauté des hommes. (p. 168)

 

Dénonciation des croyances et superstitions des hommes (souvent absurdes), sous la forme d’une petite fable.

Autre leçon de vie qui s’impose de façon cyclique tout au long du roman : l’aide ou le secours à autrui est récompensé(e), parfois de façon improbable ou inattendue, par une action réciproque de même nature. Renvoi d’ascenseur. « Les bonnes actions se répondent. »

  1. Lorsque le narrateur (chat noir de gouttière) épargne la souris Chapardeuse (p.13) et le pivert Troufion (p.23), il ne se doute pas que ces derniers (qui auraient  pu être un petit en-cas) seront des alliés irremplaçables pour sa survie. (p.57-60, p.205, p.245)
  2. Lorsqu’il requinque Goudron après un suicide manqué , il ne se doute pas que c’est ce même Goudron qui lui remontera le moral après la mort de son ami Chopin. Désespéré sur un pont, il est irrésistiblement attiré par les eaux tumultueuses et aurait pu y laisser sa peau sans l’arrivée de son pote. (p.116)
  3. Après qu’il a intervenu pour sortir le chat chapardeur Frédéric Firenze des griffes de l’épicier à qui il a volé du sucre, il a droit au secret de son collègue qui est persuadé d’avoir concocté une potion magique de blanchiment, véritable élixir de survie pour un chat noir. (p.143)

 

Le dernier chat noir – E. Trivizas – Edition du jasmin (1/2)

Vendredi 29 novembre 2013

Conte animalier extraordinaire, tellement d’actualité.

A la source, il y a une poignée d’hommes superstitieux, décidés à combattre par superstition les chats noirs de l’île. Ils sont organisés en société secrète, le Cercle des Superstitieux. Un président nommé Gui Della Gomina, un responsable de la Section Traque et Anéantissement, un responsable de la Section Lumière et Instruction et quelques adhérents.

Le plan d’action est clair : combattre la guigne en tuant dès que possible un chat noir (et pourquoi pas varier les méthodes : Arêtes Empoisonnées, Canari Explosif …?) et, pour être plus efficace, faire du prosélytisme. But ultime : l’extermination de la « race »  ! (p.40)

Pour mener une campagne de communication efficace, Gui Della Gomina recherche le soutien d’entreprises privées et d’hommes politiques (p.59).

A venir : battage médiatique et manipulation des masses. Parmi les premières victimes du bourrage de crâne, il y a Grazziella (p. 82), la chérie du chat-narrateur, et le chat noir Goudron, désespéré (p.97), convaincu lui-même que ses pairs sont la cause de tous les maux.

Moyens de convaincre les politiques (chap 9) : les persuader qu’ils trouveront un intérêt à appuyer le Cercle.

  1. Faire du chat noir un bouc-émissaire leur permettra a) de se défausser de toute responsabilité. et de masquer leurs échecs et leur impuissance, b) de circonscrire le mécontentement populaire. L’idée est de faire du chat noir un fumigène et un point de convergence de la colère. Et effectivement, les protestations tous azimuths (p.35) laissent place à des rassemblements à slogan unique : à mort les chats noirs (p.90)
  2. Ils bénéficieront d’un financement de la campagne électorale à venir.

Mots-clés : lobbying, conflit d’intérêt, corruption, clientélisme, cynisme des politiques.

Moyens de convaincre les hommes d’affaires Ernest et Edmond Sourédur, les méchants « Dupont et Dupond » de la compagnie PITR  (spécialisée en pièges et trappes) : faire en sorte que l’élimination des chats noirs se convertisse pour eux en une juteuse affaire. « Derrière chaque grande fortune, il y a un grand crime », comme le dit Balzac dans Le Père Goriot.

Le plan révélé au chap 29 est machiavélique :

  1. Diabolisation extrême du chat noir et élimination
  2. Phase de « contamination » : idem avec les chats gris et tous ceux qui ont une pointe de noir dans leur fourrure
  3. Extermination de tous les chats, des fois qu’il y ait des chats noirs qui se seraient coloré le poil.
  4.  Lâcher de milliers de souris d’élevage au moment opportun, c-à-d primo lorsqu’il n’y a plus de chat, segundo en période de typhons quand l’île est isolée. La société PITR, en situation de monopole et en sauveur, peut alors vendre à prix fort ses pièges.

A côté de PITR, il y a d’autres « profiteurs de guerre » :

  1. le gang de la pie (chap 24) qui conduit, contre « espèces sonnantes et (surtout ?) trébuchantes », les chats noirs  qui veulent devenir blancs au lac de la Blanche Espérance. Arnaque puisque tout plongeon dans le bassin (en réalité une fosse à chaux) est fatal.
  2. Petit-homme-à-la-casquette capture les chats noirs et les noie sur commande du Cercle. Mais tous ne sont pas noyés ! Il garde 2 ou 3 félins sur chaque fournée, qu’il revend au fourreur Armand Rapace. Ce dernier, avec cette denrée devenue rare, projette de faire des carpettes en peau de chat noir pour collectionneurs (p.231).

Parallèle saisissant avec la Seconde Guerre Mondiale :

  1. Les profiteurs de guerre
  2. « Les jeunesses chatocides  » et les patrouilles spéciales qui arrêtent ceux qui fréquentent ou protègent un chat noir.
  3. Le hammam « l’agréable oasis » où Petit-homme-à-casquette noie les chats noirs (chap 6) et la pelleterie (chap 34)  avec ses salles « de préparation des écorchés, d’écorchement, de torture des semi-écorchés » évoquent les camps d’extermination.
  4. Dans ce contexte cauchemardesque pour les chats noirs, face à la persécution, s’organise la résistance.
    1. Conférence clandestine au sommet pour les chats noirs sur le toit du hangar à charbon (chap 14). Lutte pour le pouvoir, guerre intestine malgré l’urgence.
    2. Sabotage du cargo chargé de pièges à souris (p.234)
  5. Diffusion de rumeurs. Si le juif enlève et sacrifie un bébé chrétien à Pâques, le chat noir mange le coeur du cygne blanc pour que sa fourrure change de couleur.
  6. Le gang de la pie fait référence au Docteur Petiot.
  7. Les « Justes » avec Mamie Laure Ange (chap 16, p. 201, p. 237) et  Zaza (p. 157, p.171)

 

Absolu vs relatif

Jeudi 14 novembre 2013

Tout du quotidien se quantifie -merci les nombres-, même ce qui est a priori exclusivement de l’ordre du qualitatif.

On note par exemple les prestations d’un hôtel. La note est une « valeur » absolue. Si on la ramène au prix de la chambre, on dispose d’ une grandeur relative (rapport qualité-prix), plus opérante que la note absolue si l’on veut comparer deux établissements.

Dans la même veine, lorsqu’on est sur le point d’acheter un steak, c’est le prix au kg (et non le prix « brut » affiché sur la barquette) qui dicte le choix entre Charal et une autre marque.

Il y a une notion scientifique qui illustre avec force le concept de grandeur-quotient : la densité.

  1. L’exemple le plus immédiat est la densité démographique, exprimée par un nombre d’habitants au km^2.
  2. On peut aussi penser aux indications sur la consommation d’un véhicule données par un nombre de litres au 100 km.
  3. Dernier exemple : une lessive A est a priori plus efficace que B si A est plus concentrée que B, la concentration étant la quantité de matière active par unité de volume.

Dans le cours d’éducation civique de Tom, l’élève est présenté comme un citoyen du collège, dont les droits et devoirs sont compilés dans le règlement intérieur. Je remarque alors avec enthousiasme que cela relève de la même logique : le collège est une cité à l’échelle de l’élève.

- T’es un philosophe…au fond du garage.

- Je préfèrerais au fond du jardin.

-si tu veux, au fond du jardin…

- Punaise ! le titre est flatteur.

- ouais, mais t’emballe pas : il est encore question d’échelle.

Bien joué ! En substance, Tom me dit qu’ « au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. » N’est-ce pas la meilleure définition de ma grandeur relative ?

Une preuve de plus que l’apprentissage, descendant du « maître » vers « l’élève », n’est pas en réalité unidirectionnelle.

Aparté sur une grandeur-quotient dont la définition interroge : IMC pour indice de masse corporelle, rapport de la masse par le carré de la taille. Si on souhaite mesurer la corpulence, il semble plus logique d’envisager une masse par unité de volume, pourquoi pas « masse sur taille au cube ».

 

 

Associations de mots

Lundi 11 novembre 2013

1)

Clem :  Trop fort, dans la même phrase, je peux mettre deux mots qui se contredisent : « c’est historiquement banal » !

Dom :  A ouais, trop fort effectivement.

Tom :  A ouais, AAAAh, ça me rend…AAAh…banalement hystérique.

2)

Tom nous dit dès la rentrée que le patronyme Combette d’un de ses profs n’est pas du meilleur effet. Clem a un mot qui juxtapose aussi deux synonymes et qui en plus a du sens. Envoie la sauce Clem : concave.

Bouteille à la mer

Samedi 9 novembre 2013

Avec localiser-IP.com, j’ai testé mon adresse IP. Le site m’a localisé à une quarantaine de km de mon domicile. Puissant comme outil !

J’ai relevé par hasard une adresse IP qui est passée par ce blog.

Résultat : Bouteille à la mer bouteille-mer-300x168

Alors, je lance une bouteille à la mer : si toi internaute de Californie passes (ou repasses) par ici et pourrais donc être ce mystérieux 66.    , fais-moi signe et nous pourrons nous envoyer une carte postale de nos régions respectives.

See you soon.

Dindon de …

Samedi 9 novembre 2013

- je peux prendre un dernier choc ?

- non Clem, t’en as déjà mangé 4. C’est suffisant pour aujourd’hui.

- allez, un dernier, pour le bon goût du chocolat.

- non, maintenant, c’est le bon goût du dentifrice !

- du daim…tifrice ?Dindon de ... daim