Billet mal fagoté mais bien fayoté

Déclaration à mes trois amours (les deux oiseaux et leur mère) qui ont migré pour les vacances à l’Alpe d’Huez.

« Du côté de chez moi » est un village dont le coeur est 3 clochers. Proust le dira mieux que moi.

Décor : A la fin de Combray, « little Marcel » qui désire devenir écrivain est désespéré car il a le sentiment de ne pas avoir les dispositions pour les lettres : il est sensible aux odeurs, aux images … mais, comme enchaîné, il est impuissant à aller au-delà du plaisir procuré par les belles choses et à percer le mystère de ses impressions. Toutefois, sur le retour d’une promenade (du côté de Guermantes) dans la voiture du docteur Percepied, il a une expérience du beau et parvient pour une fois à la transcrire :

« Seuls, s’élevant du niveau de la plaine et comme perdus en rase campagne, montaient vers le ciel les deux clochers de Martinville. Bientôt nous en vîmes trois : venant se placer en face d’eux par une volte hardie, un clocher retardataire, celui de Vieuxvicq, les avait rejoints. Les minutes passaient, nous allions vite et pourtant les trois clochers étaient toujours au loin devant nous, comme trois oiseaux posés sur la plaine, immobiles et qu’on distingue au soleil. Puis le clocher de Vieuxvicq s’écarta, prit ses distances, et les clochers de Martinville restèrent seuls, éclairés par la lumière du couchant que même à cette distance, sur leurs pentes, je voyais jouer et sourire…»

Et où suis-je dans cette histoire ?

Je suis Percepied, je suis Laïos qui, après les mauvais présages de l’oracle, perce le pied de son fils Oedipe et ordonne à un serviteur de le tuer .

D’ailleurs, c’est par le déplacement de ma carriole que le clocher de Vieuxvicq s’écarte de ceux de Martinville.

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