Bali-Ballot

On passe quelques jours à l’étranger et on croit/prétend connaître le pays visité alors que, par définition de « étranger≠familier », l’idée de co-naître est…tuée dans l’oeuf.

Il n’y a que deux mots échangés avec l’autochtone, on n’a qu’une vision étriquée et parcellaire du lieu, on n’a accès qu’au folklorique, mais – raccourci étymologique (folk=peuple, lore=tradition) ?- on disserte en expert sur les us et coutumes locaux à grands coups d’affirmations péremptoires.  Et si on rencontre un copain qui a fait le même voyage, chacun vendra son périple avec la mention « authentique », en étant « plus soucieux de débiter ses marchandises que d’en acquérir de nouvelles. »

Du partiel au global, du particulier au général, de l’échantillon à la population, on procède par induction.

Le risque est évidemment l’erreur.

Le physicien Dirac a deux méthodes pour amoindrir ce risque.

L’une est sans faille : se taire.

L’autre, pas très éloignée du mutisme, est un mélange de concision-précision.

  1. La concision pour circonscrire une erreur éventuelle. D’ailleurs, selon Dirac, « la parole, à l’inverse de l’artillerie, ne compense pas l’imprécision du tir par l’abondance de la mitraille. »
  2. La précision au risque d’être ridicule. Alors qu’un collègue, qui partage le même wagon que le taiseux Dirac et qui juge le silence pesant, engage la conversation en remarquant que les moutons au loin dans la campagne sont fraîchement tondus, Dirac répond : « exact, au moins de ce côté-ci ! »

On est partagé entre l’exposé prétentieux qui se paie par une dose d’arrogance (réelle ou supposée) et le souci de vérité qui invite au silence.

Mais, si on parle, on pourra toujours contrer celui qui nous fera grief du sacrifice de LA VERITE par la célèbre anagramme : la vérité est… relative.

 

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