« Unité des contraires »

(Billet adapté d’un passage de Rousseau, citoyen du futur,  J-P. Jouary)

Après que la passion amoureuse s’est estompée, après la période bénie où on baise et jouit partout.

Lui : on ne fait plus l’amour, d’ailleurs tu n’aimes pas l’amour, tu es devenue insensible à mes caresses.

Elle : Mais, est-ce-que tu t’es demandé pourquoi ? je refuse de jouer la sparring-partner dans ton sport favori si toi, « en vit », ne me fait pas envie. Et si je n’ai pas envie, c’est parce que, en définitive, je n’y trouve pas mon compte. Libido ne rime pas avec déception.

Lui : Je ne suis pas doué ? c’est ce que tu signifies. Ok, je suis un peu rapide, je te l’accorde. Mais on ne demande pas à un athlète qui court une fois par semaine de faire un marathon. Si j’ai quelques difficultés à me retenir, c’est parce que nos rapports sont trop espacés. Endurance rime, que tu le veuilles ou pas, avec fréquence.

Patatras ! On se heurte au paradoxe de la poule et de l’oeuf. Deux phénomènes dont chacun suppose l’autre, l’effet de l’un étant la cause de l’autre.

Une hypothèse : que nenni ! Et si la prétendue situation de cause à effet, permettant à chaque parti de se dédouaner et de se protéger d’une blessure narcissique, confortable donc pour l’un et l’autre, était artificielle et cachait une autre réalité ?

Démonstration : Chacun souffre de ses frustrations, chacun s’en plaint, mais aucun ne souhaite véritablement qu’on le débarrasse de la tare attribuée à l’autre. Le cadre « homme pressé/femme insensible » est vécu comme naturel et chacun pourra y puiser, selon son genre, une raison à ses faiblesses. On se protège à la guerre comme à la guerre.

On craint trop que le remède fasse plus de mal encore.

Petit scenario catastrophique :

  1. si la femme s’adonne davantage aux plaisirs de la chair, l’homme sera peut-être plus performant mais, malgré ses progrès, il n’est pas assuré de satisfaire sa compagne.
  2. Inversement, si l’homme se transforme en étalon, la femme aura-t-elle la garantie d’un appétit sexuel significativement accrue ?

Le couple « veut-il être guéri de ses maux ? » En réalité, il est probable que ce ne soit pas

  1.  » il éjacule trop vite parce qu’elle est frigide » OU « elle finit frigide parce qu’il éjacule trop vite « ,
  2. mais  » il éjacule trop vite ET elle est frigide. « 

Il y a un monde entre Mars et Vénus.

terremarsvenus

malgré une unité des contraires

unités des contraires

Et si les différences entre sexes, quantité/qualité, bestial/cérébral… se résumaient par : « idéalement », l’homme fréquente quotidiennement plusieurs maîtresses. Quant à la femme, un seul amant…différent chaque jour. Autre formulation : l’homme est infiniment infidèle, la femme fidèle une infinité de fois.

 

 

 

 

 

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