Baptême de l’air

Je choisis  un quotidien avant d’embarquer, le feuillette avant de décoller et tombe (des nues ?) sur un article intitulé pertes et tracas dans les aéroports.

C’est scandaleux : n’y-a-t-il pas de censure aux portes du Boeing ? Encore un papier sur les catastrophes aériennes et la loi des séries ? Air France n’aurait donc pas un minimum de psychologie à l’endroit de ses clients ?

En réalité, le ton de l’article est léger, sa valeur informative quasi-nulle. Sa vocation est d’occuper l’espace en fin de page. Seul le sous-titre, « même pas malle », fait mouche puisqu’il est question de « bagages ratés » (retardés ou perdus).

Comme tout article peu consistant qui voudrait faire croire le contraire, le papier agite des chiffres ; le taux de « bagages ratés » est de 6,96 pour 1000 passagers.

Mais, en fait, il est question pour moi d’un autre tracas : à l’heure du repas, un steward maladroit serre un gobelet rempli de jus de pomme d’une main mal assurée et me le sert avec pertes et fracas :  il me le déverse sur la gueule, façon entartage.

Le petit rire nerveux qu’il ne parvient pas à contenir n’est pas de bon aloi et s’attire les foudres de mon regard. Il se confond alors en excuses, me ramène un petit tas de serviettes en papier et, pour se faire pardonner, me propose une flûte de champagne.

La société internationale de télécommunication aéronautique aurait-elle une statistique sur les actes manqués du personnel navigant  ?

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