Ici, office du tourisme

- Qu’est-ce-que vous avez fait à la Réunion ?

- on a fait des cabanes dans les bois et on a joué au foot, tous les jours.

- Vous êtes allés à l’ Hermitage (lagon, sans requin) ?

- non, les garçons se régalaient dans « les hauts » et ils ne voulaient pas bouger.

-…

Au bout de 3 ou 4 perches tendues comme celles d’un maître-nageur à un enfant qui se débat dans l’eau, je comprends que mon « auditoire » est incrédule ; mon discours est insipide car il manque de sel : point de mer, encore moins de survol de l’île en hélico…

Alors, à l’amitié des copains, se mêle un chouia de mépris et, comme pour se venger de cet échange stérile, ils voient leur bienveillance tourner au pugilat :

- vous avez écouté du maloya ou du séga ? (alors que mon faible intérêt pour les concerts est un secret de polichinelle).

- mais une cabane, c’est 1/4 d’heure. Après, vous avez fait quoi ?

- les garçons ont exploré les bois, ils se sont frayé un chemin dans les genêts, à la machette. Ils ont aussi ramassé du bois sec et ils ont fait griller des chamallows dans le lit de la rivière.

Je rends les armes. Ils attendent du fun et je n’ai pas de matière pour un inventaire à la Prévert.

J’aurais pu mettre un peu plus de passion dans mon baratin mais, contrairement à mes commensaux, je suis inapte à la vente. Eux sont commerciaux, eux « vendraient leur mère », eux se vendent à chaque entretien de progrès.

A la question : « contents d’être de retour ? », Clem fait une moue qui en dit long sur les joies de ses vacances. Mais, personne ne l’a vu ou personne ne l’a cru.

 

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