• Accueil
  • > Archives pour janvier 2015

Archive pour janvier 2015

Plus ou moins

Vendredi 30 janvier 2015

Après deux jours à l’étranger :

- qu’est-ce-qu’ on fait aujourd’hui ?

- On a visité « truc » avant-hier, on a vu « chose » hier. Qu’est-ce-qu’il reste à faire ? Ah ! on peut faire « ça » aujourd’hui !

La question « Qu’est-ce-qu’il reste à faire ? » montre qu’on procède par soustraction : on est en train de rayer un à un les items d’une liste, comme on le fait pour une liste de courses, ou pour le papier collé sur le frigo qui rappelle les tâches à ne pas oublier.

Dans « qu’est-ce-qu’il reste à faire ? », il y a presque de la contrainte, en tout cas une idée de contrat  : si on loupe cet immanquable, on aura raté notre séjour alors que, si on épuise la liste, on aura l’heureux sentiment d’un devoir accompli.

Cette démarche suppose qu’on a réduit au préalable le pays visité à un catalogue d’excursions, de sensations… Quelque chose d’infini résumé à du séquentiel sans unité. On préfère alors rayer à mettre sur papier blanc les découvertes successives.

Pourtant, une découverte peut en appeler une autre, on peut rebondir et on crée du liant. Problème : on pourrait ajouter des lignes ad vitam aeternam et cette feuille blanche continuerait à être vertigineuse. Cette feuille blanche serait l’insupportable aveu d’un échec : celui de ne rien connaître.

Bilan : on préfère soustraire à additionner ! Ta gueule Dom ! raye ou complète, c’est plus ou moins la même chose !

 

 

 

You talking to me ?

Lundi 26 janvier 2015

Première compétition officielle de Judo pour Clem : arbitres officiels en costard-cravate, écran plat avec nom-nationalité des combattants, affichage aussi des points et de la durée décomptée. Et avant tout ça, vérification des licences et pesée, première pesée en caleçon.

Alors qu’on taquine Clem en exagérant sa présence dans la cour des grands, Tom le chambre sur son survêt : « Domyos » serait son sponsor, pas très prestigieux !

En baissant son pantalon :

- Je suis aussi sponsorisé par Freegun. D’ailleurs, t’as vu le message pour la pesée :

youtalkingtome

Un oiseau de Par(a)di(s)

Mercredi 21 janvier 2015

Le mot hussard sonne presque comme busard et, s’il occupe un toit, alors le hussard se confond encore un peu plus avec un oiseau. Mais alors un drôle d’oiseau, aussi maladroit sur les tuiles que l’Albatros de Baudelaire sur le pont du bateau, tant ses bottes de cavalier « l’empêchent de marcher ».

hussard

Un oiseau vigilant, sur ses gardes : « Je ne quitte pas les chevaux et les bagages. On aurait vite fait de nous rogner les ailes » (p.336), confronté à un ennemi de taille, la mouche du choléra. Ennemi qui est, pour Angelo, plus volatil que volatile : « Je ne crois pas aux mouches. Pour si petites qu’on dise qu’elles sont, il me semble qu’on les sentirait en respirant. » (p.394)

Si Angelo Pardi est un oiseau, il n’est pas comme les autres, il est à contre-courant et on s’en rend compte dès la première page : « les oiseaux s’éveillaient dans le vallon où il descendit. »

Lors des premiers pas de Angelo en Provence sous la canicule, l’atmosphère est lourde mais Angelo ne sait pas encore que le chaud annonce la chaux. Et, dans le silence et la chaleur qui étreignent le paysage, les apparitions d’oiseaux se font de plus en plus négatives, maléfiques et terrifiantes.

Les citernes sont assaillies de vols de pigeons et souillées (p. 24 et 30), les auberges survolées par les corbeaux (p.19), et les corbeaux pendent aux fils comme des lessives noires (p.331).

Dans un village où il met pied à terre, « il y avait (au dessous de la voûte) une violente odeur de fumier d’oiseaux ; le plafond était tapissé de nids d’hirondelles d’où suintaient des jus brunâtres. » (p.30)

Nuée étrange d’oiseaux agglutinés sur les toits lorsque le hameau de Omergues apparaît en contre-bas : « Chose curieuse: les toits des maisons étaient couverts d’oiseaux. Il y avait même des troupes de corbeaux par terre, autour des seuils. A un moment donné, ces oiseaux s’envolèrent tous ensemble et vinrent flotter en s’élevant jusqu’à la hauteur de la passe où se trouvait Angelo. Il n’y avait pas que des corbeaux; mais également une foule de petits oiseaux à plumages éclatants: rouges, jaunes et même une grande abondance de turquins qu’Angelo reconnut pour être des mésanges. Le nuage d’oiseaux tourna en rond au-dessus du petit village puis retomba doucement sur ses toits. » (p. 47)

A Omergues, la situation devient plus étrange et se précise. Premiers « démêlés avec les oiseaux » (p.313).

  1. Il y avait aussi cette foule d’oiseaux qui, vue maintenant à hauteur d’homme, était assez effrayante, d’autant qu’ils ne s’envolaient pas; la plupart des gros corbeaux qui noircissaient le seuil de la maison dont s’approchait Angelo avaient simplement tourné la tête vers lui et le regardaient venir avec des mines étonnées. L’odeur sucrée était de plus en plus forte. (p.48)
  2. Son cheval fit brusquement de côté un saut de carpe en même temps qu’une grosse flaque de corbeaux s’envolant découvrit un corps en travers du chemin.
  3. Enfin, les oiseaux retombèrent sur le dos et dans la chevelure de la femme. Angelo sauta à terre et courut contre eux en agitant les bras. Les corbeaux le regardaient venir d’un air très étonné. Ils s’envolèrent si lourdement quand il fut si près d’eux qu’ils lui frappèrent les jambes, la poitrine et le visage de leurs ailes. Ils puaient le sirop fade. (p.49)
  4. Sur le seuil il fut repoussé par un véritable torrent d’oiseaux qui en sortait et l’enveloppa d’un froissement d’ailes; les plumes lui frappèrent le visage. (p.50)
  5. Enfin, il aperçut un gros corbeau qui, se dissimulant dans le tablier noir de la vieille femme, continuait son repas; il en fut tellement dégoûté qu’il vomit et il tourna les talons.
  6. Dehors il essaya de courir, mais il flottait et il trébucha. Les oiseaux avaient de nouveau recouvert le cadavre de la jeune femme et ils ne se dérangèrent pas.(p.51)
  7. Des bourrasques d’oiseaux sortaient des portes (p.52), elles[les maisons] dégorgèrent d’épais vols d’oiseaux (p.54)
    le_hussard_sur_le_toit

Autre métaphore p.390 avec la vague comme comparant : « les corbeaux et les pigeons mêlés jaillissaient en écume des maisons hautes, des tours et du clocher à chaque coup de mer. »

On franchit encore un seuil dans l’inquiétant à Manosque. Réfugié sur les toits, Angelo doit sortir les griffes contre « des hirondelles, des martinets et des nuages de rossignols » (p.313). Les charognards, gras de chair humaine, se font prédateurs : « Comme il approchait d’une petite tour, Angelo fut brusquement enveloppé dans une épaisse étoffe noire qui se mit à voleter en craquant et en crissant. C’était un monceau de corneilles qui venait de se soulever. Les oiseaux n’étaient pas craintifs. Ils tournaient lourdement autour de lui sans s’éloigner, le frappant de l’aile. Il se sentait dévisagé par des milliers de petits yeux d’or, sinon méchants, en tout cas extraordinairement froids. Il se défendit en moulinant des bras, mais plusieurs becs le piquèrent durement sur les mains et même sur la tête. Il ne réussit à se débarrasser des oiseaux qu’en se débattant violemment, et en assomma même un ou deux avec ses poings en gesticulant. « (p.147) Angoisse sur les toits : Angelo ne peut plus fermer l’oeil sans se trouver immédiatement couvert d’oiseaux. (p.405)

Lorsque Angelo et Pauline fuient le fort où ils sont placés en quarantaine, dans un petit local près du jardin des religieuses : « des martinets et des hirondelles commencèrent à passer en éclairs devant l’ouverture de la porte. Suivant la nouvelle coutume des oiseaux, dès qu’ils eurent aperçu les formes immobiles d’Angelo et de la jeune femme, ils s’approchèrent et même, pénétrant jusque sous la voûte tournèrent à côté d’eux avec des cris et de violents battements d’ailes. » (p.396)

Enfin, paroxysme de l’angoisse lorsque les oiseaux se font sirène avec force « roulades de velours », font la cour à leur proie avec une « patience d’ange » jusqu’à, si échec, « mettre quelque aigreur dans leurs réclamations. » (p.314)

« Un corbeau qui roucoule comme une colombe  » (p.389) ; Pauline échappe de peu au piège en faisant feu sur le corbeau : « il est devenu extrêmement pressant et je dois dire extrêmement gentil. Je n’ai jamais rien entendu de plus horrible que cette chanson endormeuse qu’il m’adressait sans arrêt. Je me sentais sucrée de la tête aux pieds et envie de fermer l’oeil. A quoi j’ai dû céder deux secondes et il était sur moi. Il puait. Il m’a frappée du bec.  » (p.317)

Même si, affamé et assoiffé sur les toits de Manosque, Angelo gobe avec appétit des oeufs qui « adoucissent sa gorge de carton » (p.148), même s’il dévore avec Pauline la poule au pot dans le petit hameau-coupe-gorge près de St Dizier (p. 408), il a peu d’affinités avec les gallinacés.

  1. Après un coup dur, pour se donner du coeur au ventre, il se traite de « foutue poule mouillée » (p. 52) et, abasourdi par l’orage et trempé jusqu’aux os dans le village du vieux médecin-philosophe, il a l’air d’une poule (mouillée) qui a trouvé un couteau.(p.459)
  2. Dans son cauchemar sur les toits, il est à deux ergots d’être étouffé sous le croupion d’un coq puant. (p.161)
  3. « Dans une extraordinaire odeur de fumier d’oiseau », il assiste en haut des tuiles au piétinement d’un « empoisonneur de fontaine ». Tête écrasée à coups de talon, « à la façon des poules sur du grain. » (p.143)
  4. Lorsque le clarinette de l’opéra de Marseille, rencontré sur la route de St Dizier, raconte son passage par le château de la Valette (château de Pauline), il affirme avoir entendu chanter les coqs : « quand les coqs chantent, il y a des gens vivants. » (p.425) Angelo est moins catégorique.
  5. Angelo n’est pas fier quand il explique à Pauline le surnom de Lavinia (femme de son frère de lait Giuseppe) : la fille cuite à l’étouffée. « Ma mère se tenait debout et faisait entrer Lavinia sous ses jupes. La petite fille devait passer sa main sous le corset de ma mère et lisser sa chemise. Voilà pourquoi elle était cuite à l’étouffée et couvée comme par une poule. »

 

 

 

 

Je suis Pardi !

Mardi 20 janvier 2015

Je suis Angelo ! Qui ? Angelo, pardi !

Angelo Pardi est le héros du roman de Giono Le hussard sur le toit.

Le-hussard-sur-le-toit

C’est un sur-homme, au dessus de la mêlée.

- D’abord, au dessus des cadavres qui jonchent le sol dans leurs vêtements souillés par la dysenterie et dans leur vomi laiteux.

- Au dessus aussi des rescapés du choléra qui ont la frousse de la contagion et qui agissent en égoïstes. Les enfants n’attendrissent plus : « on n’embrassait plus les enfants. Pas pour les préserver : pour se préserver. » (p.192) Mort aux étrangers et, à l’étranger ses propres morts  :

  1. « il [Angelo] était indigné de l’inhumanité de ces gens qui refoulaient les femmes et les enfants dans les bois [quarantaine]. (p.88) »
  2. Angelo échappe de peu au lynchage lorsqu’on le soupçonne d’avoir empoisonné les fontaines. « ils[ses bourreaux] n’étaient pas bien terribles sauf qu’ils portaient les marques de la peur » (p.119)
  3.  » les gens descendaient leurs morts dans la rue et les jetaient sur le trottoir. Ils avaient hâte de s’en débarrasser. Ils allaient même jusqu’à les déposer devant d’autres seuils. Ils se séparaient d’eux de toutes les façons. L’important pour eux était de les chasser le plus vite possible et le plus complètement qu’ils pouvaient de leur propre maison où ils revenaient vite se terrer. » (p. 201)

L’épidémie fait rage. On fait dans ses bottes, au figuré, avant parfois d’y être contraint par les bactéries : on crève de peur ou de chiasse (p.338).

« Le choléra est une saloperie, mais le reste est une saloperie encore pire. » (p.143)

Mais Angelo est au dessus de ce charnier. Même lorsqu’il n’est pas sur les toits de Manosque d’où « il avait l’impression que la ville était toute pourriture » (p. 166). Parce que Angelo n’a pas peur : « mourir pour mourir, j’aurai bien le temps d’avoir peur, comme il se doit au moment de passer l’arme à gauche. Actuellement, la peur n’est pas convenable. » (p.203)

Angelo s’est fixé une mission, celle de sauver des vies et des âmes.

  1. D’abord, avec le jeune médecin français, dans le hameau des Omergues, il tente de soigner ; il frictionne vigoureusement les corps malades, quitte à se salir les mains : « l’enfant se mit à vomir et à faire une dysenterie écumeuse qui giclait sous lui comme si Angelo pressait sur une outre. » (p.67)
  2. Ensuite avec la nonne, à Manosque, il s’applique à laver les corps morts :  » le jour de la résurrection, ils seront propres. » (p.197)

Mais quel est son moteur ? Qu’est-ce-qui le rend si chevaleresque ? Pourquoi est-il aussi fasciné par l’action héroïque ?

Un mot : l’orgueil.

C’est l’orgueil qui le pousse (dans la lutte pour la liberté de l’Italie) à tuer le baron Swartz en duel, à armes égales, au lieu de le faire exécuter (p.263). C’est encore l’orgueil qui le rend « fou de rage à l’idée qu’on l’avait battu et traîné par terre » et qui lui fait imaginer « des vengeances terribles » (p.124) C’est toujours l’orgueil qui le conduit à humilier le capitaine insolent des soldats (p.72).

Et sa quête du bonheur passe par l’estime de soi-même, ce à quoi il ne refuse rien. « Il se disait : « On ne peut m’accuser d’affectation. Personne ne me voit et ce que je fais est parfaitement inutile. Ils [cadavres que lave Angelo] pourriraient aussi bien sales que propres. On ne peut pas m’accuser de chercher la croix. Mais ce que je fais me classe. Je sais que je vaux plus que tous ces gens qui avaient des positions sociales, à qui on donnait du « monsieur » et qui vont jeter leurs êtres chers au fumier. L’important n’est pas que les autres sachent et même reconnaissent que je vaux mieux : l’important est que moi je le sache. Mais je suis plus difficile qu’eux. J’exige de moi des preuves incontestables. En voilà tout au moins une. » Il avait le goût de la supériorité et la terreur de l’affectation. Il était heureux. » (p.203)

[Billet écrit après avoir lu les 340 premières pages]

Pan sur le bec

Mardi 20 janvier 2015

Une image dans l’image à propos de la dernière couv de Charlie Hebdo :

charlie-hebdo

Certains y voient deux bites, la larme de Mahomet pouvant même être une goutte de sperme.

Un monstre dans le monstre à propos de Chérif Kouachi, pour le Canard enchaîné du 14/01 ; dans un encadré intitulé « un croyant pas très halal », on apprend que l’ordinateur du terroriste contenait en 2010 des photos pédopornographiques.

La thèse du journal : un fou de Dieu pédophile. Pléonasme pour Charb ? il aurait grossièrement ajouté que l’exemple vient d’en haut car, à la source,

les-caricatures-a-l-interieur-du-journal

L’info semble anecdotique, l’assassin ayant le 7/01 définitivement rompu avec toute humanité.

Parenthèse : en parlant de source, quelle est l’étymologie du mot assassin ? Relevé sur le blog de Brighelli : « du persan ḥašišiywn, « les gens de principe, de fondement de la foi ». »

L’info sur les affreuses photos  aurait en revanche été plus complète si le journal avait, comme l’ont fait d’autres, évoqué la piste de navigations sur des sites pornos (pour des « échanges sécurisés »).

Quand l’émotion retombe peu à peu

Lundi 12 janvier 2015

J’ai observé la minute de silence du jeudi 8/01 dans la voiture. Vibrant hommage à Bernard Maris sur FI. Petite larme écrasée, en solitaire.

Je suis pourtant assez réticent devant cette manifestation lorsqu’elle devient collective (parce qu’elle est source de pression sociale), en particulier lorsqu’elle est décidée dans les établissements scolaires.

Le message adressé aux élèves est : « silence obligatoire ! sinon 2 heures de colle ». Si on invite, j’approuve ; lorsqu’on impose, je dis BOF !

Quid de ceux – et j’aurais souhaité qu’il n’y en ait pas – qui n’ont pas envie de rendre hommage aux crayonneurs de Charlie Hebdo et qui l’exprimeraient ? On les fait taire, pire on fait semblant de les écouter avant de les persuader que notre point de vue est le bon ? on met entre parenthèse 1 minute leur liberté, pour rendre hommage à la sacro-sainte liberté ?

Tom, jeudi : « on n’en fait pas un peu trop à propos de Charlie Hebdo ? »
Pas de bol Tom, une du dernier numéro reçu de « mon quotidien » auquel tu t’es désabonné :

quotidien (En même temps, Charb a été le premier dessinateur de « mon quotidien » !)

Mais alors, si Tom, élevé dans un environnement « bien pensant », vit péniblement ce moment de recueillement, je comprends que certains enseignants en zone sensible éludent l’instant pour ne pas souffrir des réactions incongrues d’élèves.

Cela pose la question : Pourquoi certains n’ont-ils pas la même logique que moi après l’attentat monstrueux de mercredi ?  Pourquoi la condamnation de cette ignominie n’est-elle pas pour tous sans équivoque ? Pourquoi ces dessinateurs ne sont-ils pas unanimement bombardés « martyrs de la liberté » et salués comme tels ?

Je me fais un instant l’avocat du diable (décidément, on ne se débarrassera pas de ce putain de vocabulaire religieux !), conscient que ma plaidoirie est limitée, contestable, voire caduque. Au prix d’un gros effort de réflexion contre moi-même.

Petite histoire :

  1. Je me promène tranquillement, une petite frappe me vole mon cartable à l’arraché. Pas de chance pour lui : il se fait immédiatement alpaguer. Pas de chance pour moi (vénère) : il est relâché dans la foulée, prêt à commettre un nouveau délit.
  2. Je me promène le lendemain, je me fais racketter : à la vue d’un couteau, je cède mon portefeuille et mon portable. Je suis vénère : la propriété, pour moi, est sacrée et puis je suis blessé dans ma chair : je n’ai pas su me défendre, coup de canif qui lacère fierté et honneur.
    Le malfaiteur est pris en chasse par les forces de l’ordre, il se réfugie dans un local de EDF. Il est électrocuté.

Les jeunes de sa cité sont révoltés : « ok, il a volé, c’est pas bien, mais il ne méritait pas la mort ! »
Je ne suis pas dans la même logique : « je déplore sa mort mais, après tout, il l’a bien cherchée, il récolte ce qu’il a semé ! »

Un parallèle peut se faire entre « la petite histoire » et la « grande histoire » : le canard, perçu comme islamophobe par les musulmans – et parfois même par d’anciens contributeurs qui se sont désolidarisés, dérape parfois lorsque liberté d’expression flirte avec racisme. Et il réitère les dérapages avec des charges parfois immondes. Alors le musulman non violent, un peu moins philosophe que d’autres camarades de prière, contrarié une fois par une caricature « borderline », puis blessé à répétition dans son identité de musulman, maudit son impuissance à opposer au journal une riposte appropriée. Et aujourd’hui, il complète la phrase que je – atterré – formule :

- Moi : « ils ont été tués parce qu’ils dessinaient ! »
- Lui : « mais ils l’ont bien cherché ! »

Cela ne fait pas de ce musulman un terroriste en puissance. Il n’envisage pas une seconde de prendre la kalash, il n’encourage pas non plus d’autres à commettre ces crimes ; simplement, il ne pleure pas les blasphémateurs qui ont été exécutés.

- Toi (mon alter ego) : objection ! ce musulman est manipulé : il n’a jamais lu un numéro de Charly Hebdo.
- Moi (en fait contre moi) : comme la majorité d’entre nous qui est aujourd’hui Charly ?

Gilbert
- Toi : Si tu veux. En tout cas, c’est un bigot zélé ou malintentionné qui tire les ficelles !

Tu as raison. Mais, miroir !, je dois te faire une confidence. La deuxième agression de ma « petite histoire », en fait je ne l’ai pas réellement vécue. Ce n’est pas moi la victime, mais elle a bien eu lieu puisqu’elle a été relayée par BFMTV !

BFM ? Oui la télé qui, au cours de la dramatique semaine, publiait sur tweeter :

BFMTV

BFM zélée ou malintentionnée ?

 

 

 

 

 

Une hypothèse sur la fuite via tweeter de l’identité des suspects

Vendredi 9 janvier 2015

Il y a deux types de cons.

  1. Les bêtes et méchants. Par exemple, ceux que dézinguait Cabu avec sa plume
    Cons
  2. Les bêtes mais utiles. Depuis l’abominable massacre de mercredi, il y en a un qui s’est illustré, un champion du monde !Imagine une seconde, t’es la Police, tu as le devoir d’informer les citoyens de l’avancée de ton enquête. Tu es pris entre deux feux : si tu es imprudent et commets une erreur dans tes accusations, il y aura un retour de bâton douloureux. Si tu tergiverses et retiens trop longtemps tes indices, tes suspects risquent de jouer la fille de l’air alors qu’un appel à témoin avec photos des suspects et une mobilisation collective peuvent être décisifs. Alors tu joues sur les deux tableaux et tu as raison ; tu recommandes la prudence et tu diffuses en sourdine ce que t’as dans les tuyaux.
    Et c’est là qu’intervient l’ »idiot utile ». Il aime jouer les gros bras
    Ney
    Alors, tu fais fuiter l’identité des suspects jusqu’à J-P. et tu laisses faire, son compte tweeter est un excellent canal de diffusion non officiel
    avis2
    Et J-P. fait mieux que jamais le matamore (matar=tuer, moro=Maure)

Draw/words vs swords

Jeudi 8 janvier 2015

To draw, drew, drawn
Sens 1 : dessiner
Sens 2 : dégainer

draw

En français, ça donne quoi ?

ça tire

Prémonitoire

Jeudi 8 janvier 2015

1936, un autoportrait de Alfonso Ponce de Léon (vu au musée Reina Sofia de Madrid) inséré dans une mise en scène de sa mort

Accidente

Membre d’une organisation fasciste pour laquelle il compose des affiches de propagande, il est assassiné par des républicains quelques mois plus tard, au début de la guerre civile espagnole.

2015, un dessin de Charb publié dans Charlie Hebdo

Charb

Il est assassiné quelques jours plus tard.

 

 

 

 

 

 

 

Métropolis

Samedi 3 janvier 2015

La métropole Madrid(s) :

20141231_142231metropolis

 

Le Madrid

  1. aérien avec ses héros ailés ou ses chars au dessus des têtes                                                                                                                                                          20141230_18093220141231_090254
  2. aéré et léger

San Miguel

(Mercado San Miguel)

20141231_151818_Richtone(HDR)

(Palais de Chrystal au parc du buen retiro)

gare-dAtocha

(Gare d’Atocha et sa palmeraie)

20141228_130101

(Ascenseur extérieur en verre du musée Reina Sofia)

Mention spéciale pour

20141231_142231 (Le métropolis sur Gran Via)

Par opposition, le Madrid pesant, lourd, oppressant avec une impression apocalyptique de chaos :

metropolis

(Metropolis, Grosz, 1917, Musée Thyssen Bornemisza)

20141229_18150620141228_184932

12