Solitaire

Une figure récurrente du romantisme est le célèbre voyageur contemplant une mer de nuages de Friedrich. Il peut illustrer selon Google Images  les rêveries du promeneur solitaire de Rousseau :

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Parodie à Crest-Voland avec les skieurs surfant une mer de nuages :

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Pour Cavanna qui (dé)classe Rousseau parmi « les sales cons, prétentieux, et enfoirés d’enquiquineurs de pauvres gosses », le philosophe peut aller se promener, Cavanna préfère rêver avec Bibi Fricotin (Les Ritals) :

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Aux chiottes « la méditation solitaire, l’étude de la nature et la contemplation de l’univers ».

En solitaire, il y a plus fun, moins nébuleux et plus jouissif :

  1. il y a l’écriture : « pour arriver à écrire, l’important c’est d’attraper le tagada-tagada »
  2. et, toujours dans la veine du tagada-tagada, il y a le tagada-tsouin-tsouin la masturbation. Extrait de les ritals   (le jeune Cavanna fantasme sur sa voisine) :

Je me fous la tête sous l’oreiller, je ferme les yeux très fort, je me dis bon, je frappe à sa porte, elle vient m’ouvrir (je me concentre bien bien pour bien la voir dans ma tête), je lui dis c’est pour un renseignement, mais bien sûr entrez donc, oh! je voudrais pas déranger, vous me dérangez pas faites pas de chichis, j’essuie mes pieds sur le paillasson, j’entre, excusez le désordre je suis en plein ménage, mais non c’est moi qui m’excuse, elle est en peignoir éponge, à poil dessous (je bande comme un fou, je commence à me tripoter le bout du gland, merde, eh non, pas encore, faut se garder pour le vrai chouette moment de l’histoire), elle s’assoit, moi aussi, elle croise les jambes, sa cuisse passe par l’ouverture, blanche comme du lait avec de fines veines bleues qu’on devine sous la peau, une douce odeur de ventre tiède monte lentement, je la regarde, elle me regarde avec cet air de se marrer qu’elle a, elle se penche, ses nichons pendent, pâles, dans la pénombre, elle se marre de plus en plus, je me dis j’y vas j’y vas pas (j’ai autant la trouille que si j’y étais pour de vrai), je la prends aux épaules, elle dit rien, me regarde en se marrant toujours, sa lèvre tremble, celle d’en bas, je me lève, je la serre doucement, son visage contre mon ventre, elle se lève aussi, m’enlace, elle est pleine de tendresse, de chaleur, d’amitié, de complicité, on est là tous les deux, mais arrivé là j’en peux plus, moi, ça fait un moment que, à mon insu, ma main m’astique le poireau, de plus en plus frénétique, me retenir davantage impossible, dommage, la suite aurait été formidable : je l’aurais renversée sur le bord du lit, j’aurais ouvert ses cuisses, doucement, elle aurait juste un peu résisté, juste un peu, et puis j’aurais eu en pleine figure l’incroyable violente terrible surprise de sa longue fente bistre fripée tapie derrière ses crins crépus serrés, j’aurais décollé bien doucement les lèvres de sa fente, je serais entré dans tout ce rose caché qui m’attend, qui m’aime, qui m’aspire, qui est mon refuge et ma raison de vivre, et merde, chaque fois pareil, je me suis étranglé la pine comme un furieux, beaucoup trop tôt, plus rien ne comptait que le spasme imminent, vas-y que je t’étrangle, et que je te m’envoie en l’air à en perdre le souffle, renversé culbuté aplati éclaté, l’ouragan ravage tout, il n’ y a plus de haut ni de bas, ni de moi, ni de pas moi, et je me retrouve, vidé comme une grenouille morte, les doigts empoissés, la tête pleine de cloches, sans défense devant la culpabilité qui monte, qui monte…

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