Régression

We-Aluna en Ardèche. Sous le signe du passé. Et je ne parle pas seulement de la programmation musicale ; Véronique Sanson, dont l’âge ne peut être estimé qu’au carbone 14, chante ses années américaines.

J’hésite à parler musique ; Aluna sortirait de son grand chapeau Annie Cordy, Aluna susciterait le même enthousiasme, Aluna resterait Aluna, un lieu de pélerinage en définitive.

potes

We placé sous le signe du passé.

1) Autour de mon histoire, avec son et lumière.

Une fois n’est pas coutume, je dis un mot des concerts.

J’ai vu Calogero. Je ne vais pas cracher sur Calo, j’ai écouté son album l’embellie en 2009 et sa prestation de samedi active des souvenirs.

1) Premier Flash back : son morceau tu n’as qu’à m’attraper me donne l’idée d’un blog en sept 2009 et en inspire même le(s) titre(s).

2) Deuxième flash back.

Une oreille distraite tournée vers la musique, des yeux revolver pointés sur le batteur de Calo, et je fais un bond en arrière de 25 ans.

batteur

Jouissif ! J’ai rechaussé mes Nastase d’ado et  j’ai de nouveau aimé détester ces cheveux raides et blonds comme les blés, comme ceux qui virevoltaient sur les têtes des beach-boys de la côte ouest réunionnaise. J’ai rongé mes poings douillets à 15 ans lorsque les surfeurs « aspiraient » les jolies filles en ne laissant que les miettes, je n’ai jamais su les durcir pour « distribuer des patates, des gauches droites d’un air patibulaire ». J’aurais aimé être plus fort-et-con-à-la-fois  pour me frotter à ces frimeurs. Leurs beaux yeux bleus, je les aurais détournés de la mer, je les aurais volontiers plaqués « face contre terre ». Des centaines de fois, j’ai imaginé que je posais avec application les bosses et les creux de mes poings sur leurs visages fins, et que j’écorchais leurs pommettes saillantes à défaut de les enfoncer.

Régression ? affirmatif !

Petit exercice de spéléologie introspective, descente en rappel (jamais en apesanteur), descente en chute libre malgré l’exhortation de Asaf Avidan au « denying gravity ».

asafavidan

2) Autour de la Préhistoire, sans son ni lumière

Spéléologie encore, la vraie cette fois-ci, à l’origine de la découverte de la grotte Chauvet. On visite un espace dédié à sa restitution, appelé « caverne du Pont d’Arc ». Dans le bus « MGEN » qui reviendra de l’expédition, David, l’historien du groupe, fera part de sa frustration : il n’a pas assimilé le fac-similé.

Encore prisonnier de la caverne de Platon -malgré les exhortations de Calo à être « aussi libre que [lui]« - , encore enchaîné au fond de l’antre, je l’ai pris pour un fou : je me suis contenté des ombres projetées qui bougent sur la paroi, sans réaliser leur caractère factice. J’ai confondu réalité et illusions, la grotte Chauvet et sa réplique.

cave

C’est en tout cas un magnifique bestiaire. Un grand zoo sans chair, mais vivant. Aussi vivants que Guigui-l’ours-d’-Aluna,

ours

aussi vivants que les gazelles d’Aluna

gazelles (2)

aussi vivants que le tigrou d’Aluna

tigrou

des ours des cavernes, des lions, des bisons, des chevaux, des mammouths, des rhinocéros, des mégacéros, une panthère, un hibou, sortent de la roche, se battent ou chassent sur le relief de la paroi.

chauvet-grande-fresque

Des silhouettes d’animaux qui se superposent donnent une idée de la perspective alors qu’on est « à des années-lumière » de la Renaissance ou évoquent la décomposition du mouvement, « à des années-lumière » de la chronophotographie et du cinéma. Avec Calo : « de l’ombre et de la lumière, laquelle des deux nous éclaire ? »

Détail remarquable : aucune représentation explicite de l’homme. Stade psychique trop archaïque de l’aurignacien ?

cromagnon

A l’heure des selfies dans un monde de « beaux-et-cons-à-la-fois », une question se pose : bannir l’homme des images, est-ce une régression ?

 

Laisser un commentaire