Ovidie ou l’eau vive

J’ai fréquenté ces derniers jours Ovidie, ex-hardeuse et réalisatrice. Brillante et féministe-comme-il-faut. Elle prône -ça coule de source- une sexualité décompléxée et sans frein pour la femme. Je vote : +1.

  • La masturbation féminine par exemple. Je suis pour à 200%. Pourquoi l’homme pourrait se toucher le zizi et la femme devrait s’interdir toute pensée « coupable » ? « Il faut bien que le corps exulte ». Vive les fantasmes : l’inconnu au regard de braise croisé au feu rouge, le collègue qui pilonne derrière la photocopieuse, le jeune éphèbe à qui on fait découvrir maternellement les joies de la chair…et, pourquoi pas, le viol avec des verges qui finissent par ébaudir. No limit ! Vive la masturbation parce que « je suis chez moi et je fais c’que j’veux », parce que c’est aussi pour les femmes étouffées un formidable pied de nez à leurs ayatollahs de maris.
  • Le sex-toy. Pour à 200%. Pas le sex-toy en réunion tupperware pour glousser entre cops, pas le sex-toy parce que c’est fun comme dans Sex and the city, mais le sex-toy pour ce qu’il est, un instrument de jouissance.

J’ai d’abord vu le film d Ovidie intitulé A quoi rêvent les jeunes filles ?.  Je suis allé ensuite sur le ticket de Metro (son blog) et j’ai lu un billet sur la sodomie dans le « porno mainstream ». Son regard d’ex-hardeuse et de réalisatrice dans le milieu est éclairant et on est à 100 lieues d’imaginer la sodomie comme une cascade lorsqu’on s’astique le poireau devant un film de boules.

Et je ne vous parle même pas de tous les nombreux « accidents » de propreté qui, eux, concernent aussi bien les débutantes que les expérimentées. Bien des actrices ont eu les larmes aux yeux parce qu’elles se sentaient humiliées de faire « une anale marron » en public. Il arrive parfois lors du lavement que toute l’eau mélangée aux excréments ne soit pas complètement expulsée car située trop haut dans les intestins, et qu’elle redescende au moment où on l’attend le moins.

Je retourne aujourd’hui sur son blog et dans sa dernière entrée, elle commente le livre petit éloge de la jouissance féminine de Adeline Fleury, qui raconte le premier orgasme de l’auteure à 35 ans et le bouleversement consécutif.

Article intéressant, mais pourquoi sa lecture m’est désagréable, pour ne pas dire pénible ?

« J’envie les tonitruants » qui pensent sincèrement être des dieux de l’amour. « J’envie les sûrs d’eux », ceux qui ne doutent jamais de leur puissance sexuelle, ceux qui sont convaincus que faire grimper la femme aux rideaux est une seconde nature.

- Qu’est-ce qui t’arrive Dom, tu déprimes ? t’as pas été bon ? ressaisis-toi coco, ça arrive, même aux meilleurs !

Se poser, se coucher sur le thème de sa propre sexualité. L’exercice est difficile et c’est un sujet qu’on enfonce volontiers à grand coup de marteau au plus profond de soi lorsqu’il pointe la tête, qu’on enfouit dans sa poubelle interne, qu’on envoie au tapis, qu’on balaie sous le tapis. La raison est simple : on redoute une conclusion peu flatteuse, dommageable à son ego et irréversible.

Alors, pourquoi refuser aujourd’hui la politique de l’autruche ? J’ai fréquenté ces derniers jours Ovidie, brillante et féministe-comme-il-faut. C’est elle qui m’a convaincu de me battre contre moi-même.

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