Le prénom

Matériaux :

  • un petit séjour très sympathique chez les cousins lyonnais
  • un guide de voyage sur la Californie survolé
  • des excursions faites autour de Montpellier avec Ro et Charlot.

Principe de la construction : rebondir d’une visite (réelle ou virtuelle) à l’autre, chaotiquement, comme une boule de pétanque sur un terrain caillouteux.

Mise en garde adressée au lecteur : Ne pas chercher de cohérence mais s’abandonner à une co-errance.

1) Accueil un brin rebutant au restaurant Le pique assiette dans le vieux Lyon. La serveuse nous pousse sans ménagement à une installation express et distribue sans urbanité la carte. Petite déception devant cet établissement qui promettait un dîner parfait, comparable- toute proportion gardée – à la désillusion causée par une dégustation de pinard qui commencerait par un goût de bouchon.

Au moment de la commande, suite à une remarque anodine que je glisse à Ro, la serveuse me chapitre doucement : « ça suffit John ! », comme si j’étais un sale « gone », ignorant que je suis plutôt… poli gone poly-gone. Elle brise la glace et, dans la suite du repas, sa langue se délie, elle se fait plus agréable.

John ? Mon nom est John ? Et d’abord, pourquoi passer de l’autre côté de la Manche, pourquoi pas Jean, surtout dans ce quartier de Lyon ?

L’anecdote me fait penser à Zacharie – incrédule lorsque l’ange Gabriel lui annonce que sa vieille épouse stérile Elisabeth donnera naissance à un fils et troublé au point d’irriter l’ange qui le rend muet – qui recouvre la parole lors de la circoncision du nouveau-né, au moment où il écrit sur des tablettes :  » Jean est son nom. »

2) Petite promenade après le repas, on déambule dans une perpendiculaire à la rue de la Baleine. Rue médiévale avec une rigole centrale latrinale. On tient évidemment le haut du pavé, comme en matinée à la cité de Pérouges. On lève la tête et, avec un peu d’imagination, on entend « gare à l’eau » – qui a traversé la manche en donnant garyloo = toilettes – annonçant le déversage des eaux usagers et du pot de chambre par les fenêtres.
En deux coups de cuillères à pot, on est devant la cathédrale St Jean-Baptiste, sise au pied de Fourvière. Avec ses quatre tours, la basilique éponyme de la colline dame le pion à la cathédrale gothique.

fourvièrejean

3) On traverse maintenant l’Atlantique, Jean donnant j-e-a-n. Entendre jean, denim, toile fabriquée à Nîmes (d’où denim) et importée du port de Gênes (d’où jean).
Nouvelle position : San Francisco, devant l’Église Saints-Pierre-et-Paul, en Levi’s 501.

Saints_Peter_and_Paul_Church

4) Mais l’association Pierre-Paul évoque à présent Riquet, le bâtisseur du Canal du Midi, enfant de Béziers célébré par une statue près du plateau des poètes. Le personnage ne manque pas de sel puisque, avant de concevoir son chef d’oeuvre à écluses, il collecte la gabelle. Attachez vos ceintures, catapultage immédiat à Aigues-mortes aux Salins du midi.

5) Biterrois aussi, le plus célèbre des Résistants, arrêté à Caluire dans la banlieue lyonnaise le 21 juin 1943 : un certain Jean Moulin.

Moulin

Mort en héros pour la France, et ça à cause d’un certain…

Vous avez deviné le prénom ?

Le prenom

6) Rex, pseudo de Jean Moulin dans la Résistance. Rex, ça aurait pu être le nom du chien des cousins, mais ils ont choisi Jarvis. Un chien affectueux, un brin pot de colle, qui n’a rien à voir avec celui de Jean de Nivelle (qui s’enfuit quand on l’appelle).

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