Aluné un jour, aluné toujours

Ma bande de joyeux drilles s’appelle les Alunés.

Lorsque les Alunés font débauche de table et deviennent botchs ou allumés, ils conchient les codes bourgeois de la bienséance des culs-serrés. Friands de truculences, de gaudrioles crues, ils abhorrent les « pets coincés », les « bien-pensants » et arborent un rire gros, gras, et exubérant à la moindre grivoiserie.

Mimi, encline à des enfilades de gags, caractérisée par sa fraîcheur, sa verve directe et joyeuse, émaille les ripailles de saillies ignées qui déclenchent un rire inextinguible. Parce que pour Mimi plus que pour n’importe qui d’autre : une chatte est une chatte ! D’aucuns lui reprocheront une attitude inconvenante digne d’un suppôt de Satan, ceux-là même regretteront peut-être les temps médiévaux où semblable excès aurait entrainé la mort par la corde ou le feu. Qu’ils aillent au diable, on ne touche pas à notre ange gardien, à notre « mimi honnie ».

a) Stimulée par l’absorption de force rasades de mojito, Mimi ouvre un repas rabelaisien organisé chez l’alsacienne Sophie par un mot pittoresque, savoureux, mordant et retentissant : « Enculette », qui deviendra le cri de ralliement des Alunés. Excellente inspiration, après tout, dans aluné il y a…lune !  Mimi s’est fait ce jour là une réputation dans le secteur du faire « de l’art avec du cochon » et impose depuis un respect qui réfrène notre propension à chanter le refrain : « Mimi, tu nous délaisses…cul ! »
Depuis, les autres comiques du groupe font figure de nains, de « Mimiputiens ».

mimi (mimi et le raki, Enculette !)

b) D’un astre à l’autre, avec Sea, Sex and Sun ! On attribue à Gainsbourg (1977) la pérennité de cet aphorisme, décliné par Eric Charden en « l’été sera chaud, l’été sera chaud, dans les t-shirts, dans les maillots« , alors que François Deguelt avait déjà défini le concept en 1965 : le (7ème) ciel, le soleil et la mer.

Au pays de Pythagore, le triangle de sommets Sea, Sex et Sun revêt la forme d’une équation : « Cucul + Qué-Crète = Enculette. »

Une nuance de GREY apportée toutefois à la devise gainsbourgienne : la valeur sex est convoquée à la (gains)barre.
La configuration des chambres qui impose une promiscuité avec les enfants et la ténuité des cloisons n’invitent pas au mélange des corps. Pourtant Dom ose car l’immodestie et la forfanterie lui fournissent le défi d’une vie, un sacré programme : celui de faire l’amour sous toutes les latitudes.  Fortifié par le challenge, il affronte les obstacles avec audace et panache. Ainsi Dom enlace encore et encore, mais Sof s’en lasse en corps et en corps. « Etreinte » est une anagramme de éternité pour Dom, étreinte rime avec « tu m’éreintes » pour Sof.
A entendre le mot de Carine lorsque Lionel se fait accidentellement ébranler les cloches intimes – un « ça va le calmer » sorti du fond des tripes – Lionel  se heurte aux mêmes désagréments de la fougue masculine. Dom s’en réjouit, mais il déchante le soir même lorsqu’il apprend que les jabotements des inséparables servent de berceuse à leurs oisillons.
Dom est sur le cul. Lionel est un dieu de l’amour, il vient définitivement d’atteindre une dimension CHRISTIAN-nique.

Autre nuance apportée cette fois-ci au caractère rabelaisien du groupe. Dom qui a la réputation de manger matin-midi et soir des carottes pour garder la ligne, est scruté à son insu lors du premier petit déjeuner et les moqueurs s’en donnent à coeur joie lorsqu’il prend à la pince, avec des pincettes, quelques raisins secs pour accompagner son fromage blanc allégé.
Guigui taquin s’engage quand même à suivre son régime…crétois. Contrat rempli à croire cet aperçu du check-up de Guigui

checkup

à moins que ce ne soit celui du…ketchup de Lionel

PS :  Petit aparté avec un bref historique du groupe. En deux temps. D’abord, des rencontres autour de l’école et du sport des enfants. De la retenue, de la modération, de la courtoisie pour le « vernis-sage » : le foot et le verbe. Enfin, le tres-sage de liens amicaux étroits et solidaires dont le point d’orgue est un « alunissage/à-l’uni-sage » sur les terres ardéchoises, avec au pas-sage une kyrielle de blagues de trous-sage : le foutre et la merde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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