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Archive pour novembre 2015

Pourquoi s’éclater ?

Dimanche 29 novembre 2015

Je salue l’école de la République, l’école de la chance, même si je suis un pur produit de l’immobilisme social, même si ma position est davantage le fruit de mon héritage social qu’une chance offerte par l’école.

Avec une vraie dose de fausse modestie et de pédantisme, je plagie Beaumarchais : « je me suis donné la peine de naître, rien de plus ! »

Le héros, c’est papa-charlot , plus déshérité qu’héritier : il a fait une ascension sociale fulgurante.

Merci qui ? La mère-Patrie !

Je n’ai pas connu comme lui la misère et la faim collée aux savates ; je n’ai pas connu la dénutrition avant de réussir, avant de pouvoir apprécier les épaisses côtes de boeuf. Mais j’ai schématisé son histoire et j’en ai fait une légende. Je l’ai mythifiée avec un vernis de romantisme, puis je l’ai absorbée. Et, en définitive, ma gratitude à l’endroit de la France dépasse sans doute la sienne.

(***)

Comment peut-il se plaindre à l’occas de payer trop d’impôt et comment peut-il m’inciter à courir après le moindre échelon de carrière ? Forfaiture ? Trahison ? Je reprends à mon compte son parcours en terre bleu-blanc-rouge, un parcours que Charlot galvaude par des préoccupations bassement matérielles. Le sentiment d’être arrivé et d’être à jamais redevable envers l’état bienfaiteur  a aboli mon esprit critique. Plus reconnaissant (mais moins lucide, de fait) que le principal intéressé !

Vive la France, vive la République !

Et s’il y avait, à la source de la détestation de la France par les Omar Ismaël Mostefaï, le même processus psychique qui explique… mon amour inconditionnel de la patrie et ma fidélité sans limite ? Et si ces assassins avaient eux aussi déformé l’histoire de leurs parents à tel point que leur imaginaire est, plus que de mémoire, fait de légendes ?

Ils ont la nostalgie d’un Bled qu’ils n’ont pas connu ; ils se sentent meurtris, humiliés par une France impérialiste pour une décolonisation que seuls leurs aïeux ont vécue. Comme on peut me reprocher de ne pas être assez critique vis-à-vis du fonctionnement de la République (que j’ai trop idéalisée), on a envie de leur dire que « leurs revendications [ruminées] de droits piétinés par un siècle et demi de colonisation » sont surannées et de moins en moins légitimes.

Toujours dans le registre « plus que mon ancêtre », les Mostefaï se sentent plus musulmans que leurs parents. Dans quel contexte l’islam rigoriste s’est-il imposé à ces jeunes qui n’ont aucun intérêt pour la théologie, qui seraient incapables de placer la Syrie sur une carte du monde, qui « consentent à leur disparition alors que longtemps, ils ont été du côté frivole, égoïste et transgressif » ?

Selon Tavoillot, l’homme est tiraillé entre deux tentations :

  1. celle du narcissisme, qui exige qu’on gonfle le torse, qui requiert une certaine tension de l’être, une posture d’assurance et de confiance en soi. Inflation/tuméfaction/enflement/boursouflure de l’ego, en grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf. Et BOUM !
  2. celle du vide, de l’effacement et du repos, de la soumission. Rétraction de l’être en vue d’une dissolution de l’ego.

Le petit voyou égocentrique, narcissique, qui fait le coq, qui joue les caïds et qui cache ses failles à tout prix, n’échappe pas à la fatigue d’être soi-même. Il peut aspirer à prendre congé de lui-même. L’islamisme guerrier répond à ces deux aspirations diamétralement opposées par

  1. la soumission à la parole divine (sens du mot islam)
  2. l’effort (sens du mot djihad) qui débouche sur la lumière

« Disparaître de soi » avant de « paraître » en héros.

Première étape : choix de ne plus choisir, on s’abandonne à Allah, on se laisse mener tranquilou par la loi de Dieu, on ne décide plus de rien, c’est confortable parce que suivre n’implique pas son être profond/sa personne. Pas de liberté et donc pas de frustration.

Cette reconversion par le choix de l’islam salafiste est doublement trompeuse. D’abord, elle est contre toute attente le contraire de l’engagement (islam = soumission !). Enfin, cet islam, éloigné de celui des parents, perçu comme un moyen de se reconstruire, participe au fantasme de l’homme auto-construit, du self-made-man, intiment lié au narcissisme.

Deuxième étape : Lorsqu’on passe à l’acte criminel, on est sous les feux des projecteurs pour la plus grande satisfaction de son ego, on fascine, on jouit d’un charisme surnaturel, on est enveloppé dans l’aura des martyrs.

Avec cette clé de lecture, on peut revisiter le sens de l’activation d’une ceinture d’explosifs. Le djihadiste (prêt à se faire exploser) oublie la proximité de l’autre, il a ramené le monde à lui par égocentrisme, il n’est concentré que sur lui-même. Il a circonscrit le monde à sa petite personne et, lorsqu’il s’éclate en mode big-bang (expansion de l’islam ?), il lâche prise, il se dissout, se désagrège, s’efface. D’abord l’infini du démiurge en lui, puis l’indéfini par la néantisation de soi.

Références :

http://pagepersodephtavoillot.blogspot.fr/2015/11/la-philosophie-politique-de-lei-2-lart.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/24/le-djihadisme-une-revolte-generationnelle-et-nihiliste_4815992_3232.html

(***) François Arago, Histoire de ma jeunesse (1854). Petit dialogue entre l’examinateur Legendre et l’élève Arago à l’Ecole Polytechnique lors du passage en deuxième année

«Comment vous appelez-vous ? me dit-il brusquement. – Arago, répondis-je. – Vous n’êtes donc pas Français ? – Si je n’étais pas Français, je ne serais pas devant vous, car je n’ai pas appris qu’on ait été jamais reçu à l’Ecole sans avoir fait preuve de nationalité. – Je maintiens, moi, qu’on n’est pas Français quand on s’appelle Arago. – Je soutiens, de mon côté, que je suis Français, et très bon Français, quelque étrange que mon nom puisse vous paraître. – C’est bien ; ne discutons pas sur ce point davantage, et passez au tableau.»

Je m’étais à peine armé de la craie, que M. Legendre, revenant au premier objet de ses préoccupations, me dit : «Vous êtes né dans les départements récemment réunis à la France ? – Non, Monsieur ; je suis né dans le département des Pyrénées-Orientales, au pied des Pyrénées. – Eh, que ne me disiez-vous cela tout de suite ; tout s’explique maintenant. Vous êtes d’origine espagnole, n’est-ce pas ? – C’est présumable ; mais, dans mon humble famille, on ne conserve pas de pièces authentiques qui aient pu me permettre de remonter à l’état civil de mes ancêtres : chacun y est fils de ses oeuvres. Je vous déclare de nouveau que je suis Français, et cela doit vous suffire.»

parIS ou PARis ?

Mardi 17 novembre 2015

Jacques me montre gentiment du doigt dans les vestiaires et lance aux coéquipiers :

- Regarde comme il est maigre !

Venant de Jacques, c’est un compliment : il est en train d’expliquer mon activité sur le terrain, éminemment plus grosse que celles des vétérans plus âgés et bedonnants.

Puis il s’adresse à moi :

- tu sais que, s’il y a une guerre, toi, maigre comme ça, t’es le premier à partir.

Vingt minutes plus tard, après la douche, Romain ouvre son portable : « oh putain, ça tire à la kalash à Paris. »

Dans la semaine du vendredi 13 nov, je tombe sur une petite interview d’un certain P-J. Salazar. Ce dernier présente son livre  Paroles armées dans lequel il déconstruit le discours de l’Etat Islamique (IS=Islamic State en anglais).

« Etymologiquement, dit-il, « terroriser » signifie « chasser du territoire ». L’usage de la terreur par le Califat est un acte d’appropriation territoriale, ni plus ni moins. »

Sous cet angle, le dessin ci-dessous, publié lundi par l’Obs, a une drôle de saveur après les attentats revendiqués par-IS:

parIS PARis ?

D’ailleurs, ce serpent séduisant qui « avanceee-avancee », c’est l’image mentale qui vient lorsque j’écoute le communiqué de Daesh (« enrobé d’un chant propagandiste »).

Même cette Marianne endeuillée fait trop d’honneur aux crevures de l’Etat Islamique, le bandeau noir-Daesh semblant gangréner le Bleu-Blanc-Rouge.

Marianne-en-deuil-couleur_carousel-item

Je préfère cette autre image : la République des Lumières qui bat en brèche l’obscurantisme, pour que le serpent du mal se morde la queue.

EN IMAGES. ''Pray for Paris'' : les hommages sur les réseaux sociaux

« Cryomachinchose », le mieux en ennemi du bien

Mardi 17 novembre 2015

Au foot, on fait part de ses pépins physiques et, quand on va bien, on veut aller mieux ; Alors on s’échange des astuces pour une meilleure récupération, pour de meilleures performances.

A chacun son credo. Alex gagne en gainant. Depuis sept, moi je mets les jambes dans l’eau fraîche de la piscine en rentrant du stade. Cryothérapie, un joli mot pour m’auto-convaincre de l’efficacité d’une pratique désagréable pour ne pas dire douloureuse.

Aurélie, qui a davantage conscience des effets délétères du froid que de son action bénéfique, a un autre mot lorsque j’embarque sans barque Maxence et Rafael à l’eau : cryo-machinchose.

cryo

Lundi dernier,  Alex saute à la corde pendant les temps de repos et multiplie les accélérations lorsqu’il joue. Il dit « taper dans les réserves » et, avec son sens inné de la formule, il emploie un mot qui fait mouche : régénération.

Je sens que je peux aussi intégrer le concept de régénération à ma pratique. Par associations d’idée : eau froide, choc thermique et stress tonifiant, réduction de l’activité par exposition au froid avant restauration et redéploiement, une pseudo-hibernation et sa puissance régénératrice.

Alors, dans une surenchère de régénération, je m’immerge entièrement mercredi et, au lieu de rester immobile dans l’eau 10 minutes comme à l’accoutumée, je pousse la séance au quart d’heure.

Je sors de l’eau violet, grelotte, dois interrompre à trois reprises le déjeuner par des séries de pompes. Clément est sans pitié : « quel cave ! » Je tente une dernière fois de me persuader des vertus dopantes du bain en remarquant que les athlètes sous EPO font aussi de l’exercice pour relancer la fréquence cardiaque en pleine nuit, mais je renonce le lendemain à mon opinion lorsque, en proie à des douleurs aux mâchoires, je cherche en vain le cauchemar explicatif de la nuit avant de relier les tensions maxillaires au froid de la veille.

T’assures pas !

Samedi 7 novembre 2015

Le groupe Generali a signé un contrat de sponsoring avec le club de foot du village. En échange d’une enveloppe, le club a donné les coordonnées de ses adhérents.

Dimanche après-midi, je suis étonné lorsque j’aperçois le commercial-assureur qui m’a contacté, gravir les gradins du stade, au bras de sa compagne, et s’installer en tribune dans le champs visuel des dirigeants. J’éprouve alors un mélange de tristesse et de mépris à son égard.

Comment, par un dimanche ensoleillé, plus printanier qu’automnal, ce mec peut-il embarquer sa nana pour un spectacle de foot sans grand intérêt et tout ça, pour un moment de « public relations » ? l’objectif est clair : attendre la mi-temps pour serrer la patte au président.

Comment ce mec a-t-il pu se faire bouffer par son entreprise au point de sacrifier ses passions, ses activités, le repos dominical ? Assurer coûte que coûte, être en représentation y compris le dimanche ?

A ce moment là, c’est l’angle alpha de F. Lordon qui me parle ; Lordon dit grosso modo qu’entre le désir du maître et celui du salarié, il y a un écart que le boss tente d’écraser « à tout prix ». Résister à « l’emprise qu’exerce l’entreprise sur nos désirs pour les soumettre à son désir-maître », c’est au contraire ouvrir cet angle, prendre de la distance avec le boulot.

Difficile parfois d’entrer en dissidence ; je devine la méthode de Generali pour que son commercial adhère sans réserve à la quête du profit et à l’appétit insatiable de l’entreprise. Elle est imparable : un fixe au lance-pierres et de copieuses commissions.

Aussi, mon commercial mouille le maillot et s’engrène dans la machine infernale. Il m’a laissé en début de semaine un message sur répondeur pour une assurance habitation. Je n’ai pas donné signe de vie. Le gus, le genre sangsue, débarque vendredi 16h au portail. Clem lui dit que je rentre vers 17h. Le gus réapparaît à 17h, je l’envoie sur les roses.

« Triste Again ! »

 

On ne naît pas homme, on le devient.

Vendredi 6 novembre 2015

Ce que je suis, je le dois à l’ADN enfermé dans chacune de mes cellules et, quand le spermatozoïde de papa a rencontré l’ovule de maman, j’ai été conçu et déterminé de façon totale : mon identité est programmée depuis cet heureux jour.

Voilà un topo empreint de fatalité et donc pessimiste, mais caduc depuis que certains scientifiques ont sonné le glas du « tout génétique » dans les années 70. Il y a/a eu une forme de plasticité dans mon devenir, je pourrais/aurais pu me construire autrement.

En réalité, ce qui est pré-écrit depuis ma conception, « c’est un ensemble de possibilités et de contraintes dont l’actualisation dépend en permanence de mon histoire et de mon environnement ». L’épigénétique est la science toute neuve qui étudie les interactions entre l’intérieur et l’extérieur.

Il est surprenant que ce champs de recherche soit resté inexploré jusqu’à peu, surtout que des gonzes, plus de la filière littéraire que du monde scientifique, avaient déjà évoqué explicitement l’impact du milieu sur le matériel génétique.

On ne naît pas homme, on le devient.

Exemple 1 : dans le premier opus de « retour vers le futur », au début du film, le père de Marty, Georges Mcfly, est une mauviette, « une victime » à la botte de Biff Tannen. Lorsque Marty est parachuté dans le passé (5 nov 1955), il perturbe involontairement le destin de ses parents au point de faire manquer leur rencontre et de risquer une « mort dans l’oeuf ». Il convainc toutefois son timide de père de se rendre au bal du lycée où se trouve sa mère Lorraine, ultime occasion pour que leur union se fasse. Alors que Biff agresse Lorraine, Georges se fait violence, trouve les ressources pour lui décocher un coup de poing, le met KO, et séduit Lorraine. De retour en 1985, Marty découvre une famille radicalement différente de celle de la version alpha. En particulier, son père (dont le matériel génétique n’a pas muté entre la version buggée et la release candidate) est devenu un homme, un vrai, sûr de lui et achevé. Un reset et un destin autre que celui qu’il aurait connu sans ce coup de poing.

Exemple 2 : une illustration épigèn-antique.
Dans les métamorphoses d’Ovide, il y a cet étrange histoire de Iphis et Ianthé qui suggère encore qu’on est « le produit et le lieu de l’interaction entre gènes et environnement ». Née fille et condamnée à mourir pour ne pas avoir été garçon dans une famille pauvre, Iphis est sauvée par sa mère, placée sous la protection de la déesse Isis, et est élevée comme un garçon. Elle est fiancée à la jolie Ianthé (relation platonique homosexuelle) et, lorsque le jour des noces arrive, que le mariage doit être consommé et que le subterfuge est sur le point d’être révélé, Iphis se transforme en homme : « Son teint perd sa blancheur et ses forces s’accroissent, son visage se durcit et ses cheveux sans apprêt sont moins longs. » Comme dit le proverbe : « là où il y a du gène, il n’y a pas de plaisir. »

 

 

Banane

Dimanche 1 novembre 2015

« Banane ! », en interjection, est une insulte ; Y a qu’à entendre Biff Tannen lancer à Marthy McFly : « tu veux ma photo, banane ! »

Banane, en surnom, peut en revanche être affectueux, voire flatteur. Sa forme convexe rappelle le sourire de celui qui a…la banane, sa forme et sa peau lisse font aussi penser au sexe de celui qui a…la patate.

Il y a une paire de décennies, un villageois d’ici, qui faisait un usage immodéré de son sgeg, héritait du sobriquet de « Banane ».

Voici deux lignes d’une biographie hypothétique de Banane, prétexte pour illustrer le phénomène de la « transmission transgénérationnelle des traits acquis par l’épigénétique ».

Rien de la nature de Banane ne présage une activité sexuelle hors-norme. Pas de prédisposition particulière à une sexualité débordante. Mais…sollicité par la gente féminine parce que bel homme et charismatique, Banane honore une première fois une dame de son entourage qui lui fait les yeux doux (réponse à un stimulus/signal inducteur), entrevoit une vie de Don Juan à laquelle il prend goût peu à peu, et finit par courir les jupons (mémoire en absence de signal). Banane n’a pas volé son surnom.
L’idée : si Banane est Banane, cela n’est pas exclusivement de l’inné, cela relève aussi du caractère acquis puisqu’il répond à des signaux de l’extérieur. Le destin de Banane est donc déterminé par lui-même, et aussi par son interaction avec l’environnement.

Une comparaison avec un exemple classique de l’épigénétique : « how to bee-come a queen ? » ; toutes les larves d’abeilles naissent avec le même patrimoine génétique. Celles qui deviennent reines sont celles qui sont nourries à la gelée royale – dotée de vertus extraordinaires selon certains, dépourvue selon d’autres de la toxicité relative du pollen qu’absorbent les futures ouvrières.

Retour dare-dare à Banane et à son dard. Je connais un petit-fils de Banane. Aussi, me vient une question, que vous devinerez après lecture de ceci :

« En 2002, l’épidémiologiste suédois Gunnar Kaati a étudié l’impact de l’alimentation d’hommes nés entre 1890 et 1920 sur leurs descendants. Conclusion : quand les grands-pères ont subi des restrictions alimentaires entre 8 et 12 ans, leurs petits-fils ont une mortalité cardio-vasculaire plus faible et une espérance de vie accrue.
Ceux dont les aïeux ont été bien nourris ont quatre fois plus de diabète et vivent moins vieux. La santé des petits-enfants est donc influencée par des conditions de vie qu’ils n’ont pas connues, dont leur organisme garde la mémoire. »

Le petit-fils de Banane est-il lui-même…Banane ? Autrement dit, le caractère « chaud » de Banane, non associé à son ADN mais acquis, est-il toutefois héréditaire ?

Attention au faisceau d’indices qui ferait dire trop hâtivement que la réponse positive est une Lip-Alice-Sade.

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Pour ceux qui voient une situation digne d’un « Retour vers le futur », je précise que la nouvelle voiture du petit-fils de Banane (achetée le 21 oct 2015 ?) explore l’Espace, mais n’est pas une Delorean qui fait voyager dans le temps.