T’assures pas !

Le groupe Generali a signé un contrat de sponsoring avec le club de foot du village. En échange d’une enveloppe, le club a donné les coordonnées de ses adhérents.

Dimanche après-midi, je suis étonné lorsque j’aperçois le commercial-assureur qui m’a contacté, gravir les gradins du stade, au bras de sa compagne, et s’installer en tribune dans le champs visuel des dirigeants. J’éprouve alors un mélange de tristesse et de mépris à son égard.

Comment, par un dimanche ensoleillé, plus printanier qu’automnal, ce mec peut-il embarquer sa nana pour un spectacle de foot sans grand intérêt et tout ça, pour un moment de « public relations » ? l’objectif est clair : attendre la mi-temps pour serrer la patte au président.

Comment ce mec a-t-il pu se faire bouffer par son entreprise au point de sacrifier ses passions, ses activités, le repos dominical ? Assurer coûte que coûte, être en représentation y compris le dimanche ?

A ce moment là, c’est l’angle alpha de F. Lordon qui me parle ; Lordon dit grosso modo qu’entre le désir du maître et celui du salarié, il y a un écart que le boss tente d’écraser « à tout prix ». Résister à « l’emprise qu’exerce l’entreprise sur nos désirs pour les soumettre à son désir-maître », c’est au contraire ouvrir cet angle, prendre de la distance avec le boulot.

Difficile parfois d’entrer en dissidence ; je devine la méthode de Generali pour que son commercial adhère sans réserve à la quête du profit et à l’appétit insatiable de l’entreprise. Elle est imparable : un fixe au lance-pierres et de copieuses commissions.

Aussi, mon commercial mouille le maillot et s’engrène dans la machine infernale. Il m’a laissé en début de semaine un message sur répondeur pour une assurance habitation. Je n’ai pas donné signe de vie. Le gus, le genre sangsue, débarque vendredi 16h au portail. Clem lui dit que je rentre vers 17h. Le gus réapparaît à 17h, je l’envoie sur les roses.

« Triste Again ! »

 

Une réponse à “T’assures pas !”

  1. planetecreole dit :

    Billy ben again triste… boug y essai gagne sa vie… lu n’a pas le choix! pauv’ boug… En plus si il tombe sur un guss comme toi… couiiik la prime! ;)

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