« Cryomachinchose », le mieux en ennemi du bien

Au foot, on fait part de ses pépins physiques et, quand on va bien, on veut aller mieux ; Alors on s’échange des astuces pour une meilleure récupération, pour de meilleures performances.

A chacun son credo. Alex gagne en gainant. Depuis sept, moi je mets les jambes dans l’eau fraîche de la piscine en rentrant du stade. Cryothérapie, un joli mot pour m’auto-convaincre de l’efficacité d’une pratique désagréable pour ne pas dire douloureuse.

Aurélie, qui a davantage conscience des effets délétères du froid que de son action bénéfique, a un autre mot lorsque j’embarque sans barque Maxence et Rafael à l’eau : cryo-machinchose.

cryo

Lundi dernier,  Alex saute à la corde pendant les temps de repos et multiplie les accélérations lorsqu’il joue. Il dit « taper dans les réserves » et, avec son sens inné de la formule, il emploie un mot qui fait mouche : régénération.

Je sens que je peux aussi intégrer le concept de régénération à ma pratique. Par associations d’idée : eau froide, choc thermique et stress tonifiant, réduction de l’activité par exposition au froid avant restauration et redéploiement, une pseudo-hibernation et sa puissance régénératrice.

Alors, dans une surenchère de régénération, je m’immerge entièrement mercredi et, au lieu de rester immobile dans l’eau 10 minutes comme à l’accoutumée, je pousse la séance au quart d’heure.

Je sors de l’eau violet, grelotte, dois interrompre à trois reprises le déjeuner par des séries de pompes. Clément est sans pitié : « quel cave ! » Je tente une dernière fois de me persuader des vertus dopantes du bain en remarquant que les athlètes sous EPO font aussi de l’exercice pour relancer la fréquence cardiaque en pleine nuit, mais je renonce le lendemain à mon opinion lorsque, en proie à des douleurs aux mâchoires, je cherche en vain le cauchemar explicatif de la nuit avant de relier les tensions maxillaires au froid de la veille.

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