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Archive pour décembre 2015

♫ Petit papa Noël ♫…est une ordure !

Jeudi 17 décembre 2015

Je ne me rappelle pas avoir cru au père Noël, ni avoir reçu de cadeaux extraordinaires. Mais je garde intact le souvenir de joyeux repas de famille autour de Mémé, les grandes tablées, les cousins, les éclats de rire, les letchis …

A chacun sa madeleine et c’est pas le petit jésus qui va me contredire.

Il y avait de la vie, il y avait du rythme ♫.

Noël est mort assassiné avec ma petite adulescence. Peut-être que le fatal coup de lame coïncide avec mon déracinement la mort dans l’âme.

Depuis, je retrouve chaque année, sans enthousiasme et avec même un chouia d’appréhension, le même son, la répétition sapin/cadeaux/foie gras.

C’est triste Noël !

Si Noël est beau avec ses guirlandes et ses lumières, il l’est comme une rime. Mais comme certaines rimes, il est pauvre et plat. Beau comme une rime, vide comme un rite, manque depuis mes 18 ans le rythme !

On entasse les paquets sous le sapin et on les compte, puis on se la ra-conte : c’est sûr, les têtes blondes vont vivre un conte. Immortalise la scène avec ton smartphone !

Toujours plus de cadeaux, Noël multiplie les plats raffinés comme Jésus multiplie les pains. Mais tout ça relève du rite, c’est une coquille vide, sans plénitude, à moins que, résidus de sa signification religieuse, le + et le x n’évoquent la croix et la foi.

 

 

 

 

 

Compétition ou mutualisme ?

Samedi 12 décembre 2015

Si la théorie d’un savant peut échapper à ses contemporains parce qu’elle est trop révolutionnaire pour des esprits alentour pas assez matures, le savant lui n’échappe pas à son époque : ses idées naissent dans un contexte sociétal auquel elles sont -quelles que soient leur puissance et leur originalité -  fortement reliées.

Ce n’est pas un hasard si, de façon symétrique et à un demi-siècle d’écart,

  1. la sélection naturelle de Darwin (mécanisme qui explique l’évolution) prend forme en Angleterre, en pleine révolution industrielle et au moment de l’émergence du libéralisme économique ;
  2. le concept de mutualisme en biologie se dessine chez des penseurs (russes et francophones) plus à gauche, de sympathies socialistes.

D’un côté, le combat pour la survie, la persistance du plus apte, la compétition, le parasitisme ou la prédation. « Le transfert, de la société à la nature vivante, de la théorie de la guerre de tous contre tous et de la théorie bourgeoise de la concurrence ».  De l’autre, la coopération, l’association, l’entraide, le donnant-donnant. « Un avatar d’une pensée philosophique et politique qui croit à la solidarité et à l’altruisme. »

Quand on observe, en cette période électorale, les interactions entre islamistes et islamophobes, la première image qui vient naturellement est celle d’une compétition entre deux groupes antagonistes. Pourtant, d’un côté, les attentats terroristes constituent une aubaine pour un FN anti-immigration et sécuritaire.

EIFN

De l’autre, Daech espère, avec une montée en puissance du FN, un repli des musulmans sur eux-même conduisant à la hijra ou à la tentation de l’attentat ; ce qui accentuerait le climat d’insécurité et bouclerait le cercle vicieux.

FNEI

Des discours en surface antinomiques qui se légitiment réciproquement et qui parfois convergent. C’est du mutualisme, c-à-d interaction inter-espèces à bénéfices réciproques.

Jean-Marie a inventé le mot-valise UMPS pour dénoncer le caractère interchangeable des deux partis-phares français, on propose le néologisme EIFN pour désigner cette symbiose contre-intuitive pour ne pas dire contre-nature.

 

 

 

 

Darwin, dessine-moi les hommes

Mardi 8 décembre 2015

Dans le dernier numéro de son magazine francophone Dar-al-islam, Daech consacre un dossier de 6 pages (pp 12-17) à l’école de la république et la cuisine à la sauce bataclan. Les apprentissages ne sont pas allal et l’EI débite aux petits oignons les mécréances et péchés enseignés dans ce lieu de perversion : laïcité, tolérance, banalisation de la fornication et de l’homosexualité, musique, dessin…

On résume – interdiction de chanter, interdiction de moufter devant ces muftis -

« les cahiers au feu et les profs au milieu ».

Puisque les enseignants sont des « corrupteurs » et des « ennemis d’Allah », l’EI sonne la charge et appelle au meurtre de façon explicite.

Parmi les prétendues inepties enseignées à l’école, la théorie de l’évolution s’attire les foudres de ces illuminés. Dieu contre Darwin, création contre évolution, fixisme contre transformisme, on connaît la chanson, aussi bien chez les cathos intégristes de la manif pour tous que chez les barbus salafistes. Dans Dar-al-islam : « Allah a créé Adam d’une poignée de terre qu’il a prise de la terre entière. »

Pas convaincu ? suit une observation qui jette le discrédit sur Darwin et qui donne aux lions du Califat (à leur insu) un peu de cohérence. Evolution sous-entend, au moins dans le langage courant,  variations, modifications (par petites touches) vers le plus organisé, le plus complexe. C’est -on peut le penser – « un tri exercé à chaque génération, une transmission héréditaire des caractères avantageux et une accentuation de ces caractères à chaque génération ». Autrement dit, l’évolution serait « un effort tâtonnant de la nature qui vise au plus parfait » et, dans cette progression, la plus haute réalisation est…l’homme.

J’entends une réserve légitime sur la thèse évolutionniste au regard de…ces barbares écervelés.

Toutefois, j’ai parcouru un texte de Franck Bourdier, trois siècles d’hypothèses sur l’origine et la transformation des êtres vivants, et y ai trouvé deux réponses à adresser aux fous d’Allah :

  1. (D’après Cyrano de Bergerac)
    « L’homme n’est qu’un animal comme les autres, un pauvre oiseau sans plumes ou un singe qui, par mauvaise nourriture et anomalies dans la semence paternelle, avait les jambes de devant trop faibles pour pouvoir s’appuyer sur elles ; il faut l’éduquer pour qu’il marche sur deux pieds dans une position qui n’est pas la sienne ; il lève alors la tête vers un ciel vide au lieu de regarder les biens de la terre et d’admirer le plus glorieux de ses organes, celui de la génération. »
  2. (D’après d’Alembert) Dialogue entre un médecin « borderline » nommé Bordeu et Mlle de Les-pin-asse :
    « … Les organes produisent les besoins, et réciproquement les besoins produisent les organes, dit Bordeu… J’ai vu deux moignons devenir à la longue deux bras. — Vous mentez, s’écrie Mlle de Lespinasse. — II est vrai, répond Bordeu, mais au défaut de deux bras qui manquaient, j’ai vu deux omoplates s’allonger, se mouvoir en pinces… Supposez une longue suite de générations manchotes, supposez des efforts continus, et vous verrez les deux côtés de cette pincette s’étendre… refaire des bras… la conformation originelle s’altère ou se perfectionne par la nécessité et les fonctions habituelles… Je ne désespère pas que l’homme ne finisse par n’être qu’une tête. — Une tête ! Une tête ! C’est bien peu de choses, murmure Mlle de Lespinasse qui n’appréciait pas que l’intelligence chez les hommes »

Il y a des degrés divers de folie de radicalité chez les salafistes ; on distingue les quiétistes, les réformistes et les révolutionnaires. Et même chez ces derniers encore appelés djihadistes, il y aurait une aile « droite », « Roulat At Takfir »que j’appellerai par commodité R.A.T.

Ahh…mais, un doute m’habite : et si j’étais tombé dans le piège ? Et oui, et si les rédacteurs de Dar-al-islam, opposés aux R.A.T, sous prétexte de mettre en garde contre Darwin, exposaient avec complaisance sa théorie ?

« Savoir entendre » selon l’expression du savant Buffon.

Alors je rectifie le tir sur le champ : ces bouffons Buffon avancent masqués en « agents dormants » et mènent une technique de dissimulation connue depuis la nuit des temps – « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme » selon un autre savant des Lumières- une sorte de « takya » à l’envers. Tenus à la prudence, les rédacteurs de Dar-Al-Islam égarent les censeurs, se jouent des R.A.T, opèrent ni-vu-ni-connu-je-t’embrouille une déR.A.T.isation et, en illuminés, nous éclairent.

Takbîr Darwin Akbar !

ou pour évoquer encore un philosophe du XVIIIème

Ecr.l’inf.