Maître et serviteur

Lorsque Bayrou dézingue la réforme de l’orthographe, il monte au filet ; En même temps, pour un agrégé de lettres, l’orthographe, c’est un peu ses oignons.

oignon

Il mettra un point d’honneur à écrire coûte que coûte « maître » avec un chapeau sur le i, parce que -dit-il – « l’accent circonflexe est la trace d’un « s » d’autrefois, effacé dans la prononciation, mais présent dans l’histoire du mot : le maître fut un master après avoir été un magister. »

Puisqu’il est question d’histoire de mots et de retouches, pourquoi ne pas revisiter à l’occas certaines étymologies ?

L’agencement des événements – et non évènements car Bayrou tient à l’accent aigu sur le deuxième « e » malgré le rapport de 1990 p 15 – dans le temps, c’est l’Histoire alors que, sans sa majuscule, l’histoire n’est qu’anecdote. En anglais, deux mots : history et story.

Je propose : Hi-story = Hi(gh)-story.

Deux mots dans la langue de Shakespeare contre 1 seul en français. Autre confrontation à deux contre 1 (qui finira par faire douter de la prétendue richesse du français) : weather et time en anglais tandis qu’il n’y a qu’un seul mot chez nous pour désigner la météo et l’horloge, le temps.

Dans le vent Paraclet (p272-275), M. Tournier explique en quoi la plus célèbre « story » de Jules Verne restaure l’identité de time et de weather : Phileas Fogg, horloge ambulante, fait le pari d’un tour du monde en 80 jours et, puisque sa connaissance de l’étranger n’est que livresque, il se lance dans l’inconnu, dans le brouillard ; le « maître » doit sa réussite à son domestique Passepartout, parangon de la dé-brouillard-ise.vent

Je termine ce billet embrouillé par une anecdote, un télescopage de la petite histoire avec la grande, où il est encore question d’une relation maître/serviteur.

Tom participe au ramassage de balles à l’open sud de Montpellier.

- et toi, Clem ? t’aimerais pas être sur le court tout près des champions ?

- pour faire leur toutou, pas question. Ils envoient la balle, toi tu cours, et tu la ramènes…et puis t’apportes leur serviette pleine de sueur et de morve…

Pour Clem, le ramassage est servile, la docilité du ramasseur si vile et sa mission soumission. Clem ne semble même pas disposé à être un court-isan des rois de la balle.

Arrêt sur image

Tom_quart_finale(ramassage de Tom pour l’Allemand Berrer en quart de finale)

qui rappelle une image d’un autre temps

serfs(moissonnage d’un serf pour son seigneur au Moyen-âge)

Le ciel du hasard se charge d’un nuage double d’ironie quand, en parallèle à une semaine tennistique au service des champions, Tom étudie en anglais un texte sur la…désobéissance civile, arme de prédilection de Martin Luther King, Gandhi, Mandela…

Et on apprend – deuxième effet kisscool – que l’inventeur du terme « civil disobedience » est un philosophe américain du 19ème siècle, un certain…

T HOAREAU.

 

 

Une réponse à “Maître et serviteur”

  1. 010446g dit :

    fort intéressant

    Dernière publication sur le radeau du radotage : Une semaine de suspens...

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