Burne-out

24 septembre 2015

Jeudi soir (de la semaine dernière) je me sens patraque, patraque au point de ne pas finir ma carotte pelée. Les mauvaises langues réagissent vite : « ça y est, ça fait 3 semaines qu’il est rentré, il fait un burn-out ! »

Il est temps de rétablir la vérité.

D’abord, je ne nie pas que la reprise est éprouvante. Clem en a d’ailleurs fait les frais. Alors qu’il termine une matinée d’école à 11h et que je suis (ndlr : exceptionnellement) disponible pour le récupérer, je me gare en face du portail avec un peu d’avance et je rentabilise les 10 minutes à tuer par une micro-sieste. Je suis réveillé par un Clem furax qui tambourine contre le carreau pour que je déverrouille la portière. « Papa, tu viens me chercher au collège et tu dors ? » hurle-t-il, incrédule et honteux d’un père ne respirant pas la santé et le dynamisme.

Mais qu’est-ce qui me détraque ? peut-être l’actualité déprimante et une mauvaise conscience qui me traque.

Je connais un Syrien nommé Assad et j’ai pensé à lui à maintes reprises ces derniers jours. Même la leçon d’Histoire de Clem sur la Mésopotamie me ramène à l’Euphrate et à Raqqa où les parents et le petit frère de Assad survivent. Avec un doigt hésitant, je tape un sms à Assad pour qu’on déjeune ensemble, j’attends fébrilement son retour et suis content qu’il réponde positivement à mon invitation.

Au resto’U Vert-Bois, devant un plat de seiche, Assad déballe sa détresse et lorsqu’il s’arrête pour me demander des nouvelles de ma famille, un peu gêné aux entournures, je lui dis deux mots de la rentrée des garçons et de notre séjour en Crète. Assad, le sourire aux lèvres : « tu as croisé des migrants sur les plages ? » et il ajoute devant ma mine déconfite : « on peut rire de tout, même du tragique, non ?  »

 

Migrants, pour ou contre ?

15 septembre 2015

Paraître plus intelligent qu’on ne l’est est une obsession chez le commun des mortels.

Illustration avec la question : « et toi, que penses-tu de l’accueil des migrants ? »

On écarte les plus fanfarons qui demanderont en préliminaire : « les migrants ou les réfugiés ? Non parce que ce n’est pas la même chose ! ».

Pour le gus lambda, donc, la  démonstration se fait toujours selon le même schéma : on balaie l’antithèse en une phrase puis on envoie du lourd, on expose sa théorie.

Ça commence donc comme ça :

  1. « bien sûr que c’est triste, bien entendu que c’est terrible - le gus ne pense pas un mot de ce qu’il dit au moment où il le dit, déjà tout entier à sa « thèse » – MAIS… »
  2. « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde MAIS quand même… »

Faire croire qu’on a embrassé la question dans sa complexité, qu’on a pesé chaque parti avec précision et que son propos, loin d’être caricatural, est tout en nuance et, surtout,  plein de bon sens.

Pourtant la caricature pend au nez de chacun. Exemple avec le coup de gueule de Moscato sur D8, du pain bénit pour la « fachosphère« .

Moscato tape sur les pipoles et, en creux, sur tous ceux qui (sur)jouent la carte de la solidarité. On apprécie le numéro de clown, on salue sa faconde et son improvisation. En réalité, aucune impro puisqu’il dit déjà grosso merdo la même chose en mai 2013 dans une interview accordée au Progrès :

« tu remarqueras un truc : le type qui te parle de partage, de solidarité, de générosité, quand tu le retrouves à la machine à café c’est toi qui casques. Cela dit, c’est humain d’exacerber des qualités que l’on n’a pas. »

1- D’abord, on sourit. Parce qu’on se reconnaît un peu dans le portrait du faux-cul que dresse Moscato. Solidarité ? sur le papier, oui. Un « impôt-migrant » supplémentaire ? pourquoi pas, mais pas question – et c’est non négociable !- de mouiller le maillot dans un quelconque camp, ou (pire) d’être famille d’accueil. Bref, générosité peut-être, à condition que ça ne perturbe en rien le ronron quotidien.

2- Ensuite, on réécoute, on relève un biais et on ne sourit plus.

On pense résumer l’idée de Moscato sans trop en dénaturer le sens par :  « commençons par aider son voisin français démuni, et on regardera les étrangers…APRÈS. (A1) »

On entend volontiers ces mots lorsque le locuteur est lui-même démuni ou a du mal à joindre les deux bouts : ce qui est investi pour les étrangers est « perdu », ne lui sera donc ipso facto plus jamais destiné. Pire, les frais d’accueil finiront sous une forme ou une autre (chômage, avantages rognés, impôt…) par l’impacter et peut-être l’anéantir.

On a plus de mal lorsque ces mots viennent de la bouche de nantis et lorsque ces mêmes gugus vomissent sur le social. Moscato dans le texte dans la dite interview : « à force d’avoir été trop social, d’avoir dit oui à tout, on est un peu à la ramasse aujourd’hui mais je reconnais que c’est dur d’être courageux. (A2) » Si les arguments (A1) et (A2) sont audibles, ils le sont à condition d’être formulés disjointement. Mais leur combinaison a un effet fallacieux.

Comment sous-entendre que les euros dépensés pour des Syriens pourraient être avantageusement mis à disposition de nécessiteux français alors qu’on dénonce, en d’autres circonstances, l’aide de l’état aux plus démunis nationaux ?

 

 

 

 

 

 

Gucci chie ou le goût de chichi ?

9 septembre 2015

Hasard malheureux, collision/télescopage regrettable, fâcheuse concomitance…c’est en ces mots que l’on commente la parution simultanée, dans le Monde daté du 4 sept, de la funeste photo du petit garçon syrien nommé Aylan (noyé et rejeté par les flots sur une plage turque) en une, et une publicité pour Gucci en page 5.

collision

On croit Hélène Dely lorsqu’elle affirme dans une chronique sur France culture : « les espaces publicitaires d’un journal sont répartis dans les pages et vendus aux annonceurs, bien avant que ne se décide le contenu des articles qui viendront cohabiter avec ces publicités. »

Inutile donc de blâmer le journal !

Faut-il de même laisser « tranquilles » les auteurs de la campagne de pub ?

On les connaît, ces « artistes », pas toujours seuls dans leur tête. Que dire par exemple de ce chef-d’oeuvre

gucci

Une interprétation ? Gucci ne se contente plus d’être un accessoire de mode faisant partie de l’arsenal de séduction, Gucci est la femme, la femme est totalement absorbée par son sac, elle y est tout entière contenue, ce qui fait de l’objet fendu (en principe externalisé, mais selon le photographe « enveloppant ») un être excitant, une sorte de vagin géant et insondable que l’homme, cédant à son obsession de remplir, fourre jouissivement. Pire, renversement des rôles : la femme lorsqu’elle sera visible deviendra un accessoire du sac. En tout cas-cas, c’est du Gucci-Ass/goût-de-chiasse !

Quant à la pub qui fait le buzz avec le mannequin échoué sur le sable, le sac de luxe en planche de salut, si sa parution en écho de la tragique photo de Aylan n’a pas été préméditée, on peut quand même se poser la question de savoir si les naufrages en série des migrants n’ont pas inspiré le photographe. N’est-ce pas une citation des boat people à destination des Beurk-pipoles ? Aussi, à voir le regard vide du mannequin, on les entend penser :  » Pauvres gens. Comme un malheur ne vient jamais seul, leur simple évocation provoque l’ennui. »

Après le porno-chic (Gucci-Hot/goût-de-chiotte), la tendance est au clodo-chic : Gucci-Haine/Goût de chienne !

 

Canard

28 août 2015

Je ne marche pas en canard. Avec mes jambes arquées, je suis plus Lucky Luke que Donald.

Pourtant les duels, les armes, la baston, c’est pas pour moi.

J’suis pas un gangster !

domchapeau(avec chapeau)

Je suis plutôt doux comme un agneau

dom(sans chapeau)

Mais il y a une fausse note, il y a un canard, derrière cette tranquillité apparente.

Je suis menteur…comme un canard. Je glisse avec une sérénité affichée déconcertante mais, pour peu que l’eau soit claire et que l’angle d’observation soit favorable, on peut lire dans la mare et on constate qu’en dessous  je rame, je pédale, je vibrionne.

Mais on ne la fait pas à Farineau, le bobo-logue des Alunés. Il palpe mes palmes, il ressent des tensions aux cervicales et une grande fatigue.

Mon pied me trahit ! Ma peau aussi, cette interface entre le monde et moi. Une peau détestable qui me fait crier : « allô maman bobo, comment tu m’as fait j’ suis pas beau ? »

Au niveau de mon avant bras gauche, sort une grande tâche blanche. Dépigmentation, on dirait Oia sur les sols volcaniques et arides de Santorin. Plus fort que Aluné, je deviens enfant de la lune ?

sunset-oia-santorini-greece

Les garçons, lassés par ma phobie du soleil, ont une hypothèse : ce sont les litres de crème solaire ingérés par la peau qui refont surface, une sorte de résurgence.

J’en ai une autre : et si cette tache traduisait le désir de « paraître plus blanc que blanc », une quête folle et perdue d’avance de l’exemplarité ? Pourquoi vouloir paraître plus lisse que je ne le suis ? Déjà transparent et sans beaucoup de relief, je devrais au contraire mettre un peu de farine dans mon eau pour épaissir mon tempérament et renforcer ma peau lisse police immunitaire.

A moins – soyons un peu optimistes – que cette première étape d’ »albinosation » n’annonce une transformation avantageuse, celle du vilain petit canard en un magnifique cygne blanc !

Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?

26 août 2015

L’arrivée des Alunés à l’aéroport de Lyon-St-Exupéry n’est pas de nature à rassurer les aérodromophobes du groupe qui pourront légitimement hurler au complot. L’amas de ferraille de son architecture

tete

évoque plus l’aile du MH370 retrouvée sur les côtes réunionnaises

aile

que la tête d’oiseau que certains prétendent voir. Par ailleurs, la grosse enseigne Terminal 2 en lettres rouges

terminal

interroge : terminal ? faut-il entendre stade terminal, ultime voyage, fin de vie ?

1) Guigui est méconnaissable avant le décollage.
D’habitude loquace, exubérant et boute en train, il est étrangement silencieux, ce qui fait dire aux plus éminents linguistes l’apparition imminente d’une nouvelle expression : « être discret comme Guigui au milieu d’un couloir aérien ».

Guigui, d’habitude aimable, accepte un briquet MHSC que lui offre Tom et le glisse fissa dans la poche. Sans un mot gentil, pas même un filet de sourire. So chocking ! Tom lui fait payer sa grossièreté en le battant en 1/2 finale du tournoi de ping-pong.

Guigui n’est pas dans son assiette et il fait de l’huile (d’olive ?), comme en témoignent les larges auré-oils sur son polo rose sous les aisselles. Même s’il serre les fesses, on imagine aussi des traces d’huile sur son fond de culotte, appelées fesse-selles en Grèce (pays du yaourt).

A l’atterrissage en Crête, il applaudit d’abord chaleureusement le pilote et, le poing fermé, laisse échapper un « Yeeesss ! ça part de là ! ». Dès les premières minutes à l’hôtel, il se libère des tensions accumulées au cours du vol. Pour cela, ll enfile des lunettes de natation et « speedy-gonzalesse » sur quelques longueurs. Enfin déchargé, Guigui dérive et échoue sur la petite plage de la piscine. Guigui est apaisé, rien à voir avec Alex victime 2 jours après d’un malaise vagal suite à un 25 m nage libre foudroyant.

Guigui à fleur de peau, à fleur de cheveu évacue les résidus de stress en tresse :

tresse

2) Mimi dont la lucidité est entravée par une intraveineuse de Lexomil navigue entre deux eaux, entre le 0 et le 1, entre le On et le Off. Aussi, lorsque les Alunés prennent au r-d-c l’ascenseur du Terminal 2 pour atteindre les portes d’embarquement du niveau 1, Mimi s’interroge à voix haute : « j’appuie sur lequel ? le 0 ou le 1 ? »

3) Bien que shootée à la spasmine, Stef ne peut réprimer des gestes désordonnés et elle devient un instant entarteuse, au grand dam d’Alex en BHL.

4) Quant à Carine, un seul mot : la classe. Flippée, oui, tétanisée aussi. Oui « mais avec élégance ! »

Concours

26 août 2015

C’est injuste et parfois cruel, mais la nature humaine n’échappe pas à la balance et à ses deux plateaux, à la comparaison et au concours.

C’est, en toute conscience de ce principe, que la dreamteam des Alunés met un point d’honneur à

  • gagner son match de water-polo, avec Guigui en Narcisse des eaux
  • remporter le tournoi de basket, avec Cyril en stratège, Alex en meneur, Lionel sous le panier, Guigui l’inspiré dit « bras roulé » et Dom en ailier.

Les alunés tentent d’éviter toute comparaison en interne qui pourrait perturber la cohérence du groupe. Aussi, ils décident d’uniformiser la tenue vestimentaire, tolérant une simple distinction entre les deux sexes.

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Alune (Les Alunés, aéroport Lyon)

Mais la loi de la comparaison est immuable et elle opère même au sein de la cellule familiale. Chez les JuJu dits « Vovo » par exemple, on organise une gastro-academy. Clara place la barre très haut sur l’île de Santorin,

clara (Clara, Fira, Santorin)

Hugo a un coup de barre au marché d’Heraklion tandis que Guigui, mal barré à Cnossos, choisit la cité de Minos pour régner. Marie, quant à elle, bénéficie de l’immunité jusqu’au séjour à venir dont la destination sera fixée au prochain conseil.

Suit à présent un florilège de concours menés pendant le séjour en Crète.

1) Lionel et Dom comparent leurs boules… à zéro. Mimi interfère une première fois : « vos coupes sont faites au ciseau ? ». Guigui, qui ne fait pas dans le détail, qui ne sait pas couper les cheveux en quatre, relève avec ironie la boulette. Mimi interfère une deuxième fois : « Dom est plus court que Lionel ». Mais, du cheveu aux couilles, il n’y a qu’un poil de cul et ça dévie/dé-vit inéluctablement sur le sexe. On sait bien qu’un concours de bites, même s’il laisse du-bite-à-tifs, reste fesse-tif. Et, puisqu’il est question de ciseau, Lionel fait remarquer qu’il est circoncis en tant que…juif Hérand.

2) Sof bouge son corps sur la piste de danse, elle n’a rien à envier aux midinettes écervelées qui se dandinent. Dom fait son choix : Sof est la miss dancefloor de l’Europa Beach.
Elle dance sur de la musique POP, un « eye »sur la coqueluche du Club, beau comme un dieu grec. Faudrait pas que ce petit connard de POP-eye fasse de Dom un cornard de POP-cornes !

PoP (Les 2 plateaux de la balance, Fira, Santorin)

Deux scenarii seraient alors envisageables. Soit le jeune homme ravit la belle comme Zeus, sous l’apparence d’un taureau blanc, a enlevé Europe pour copuler sur une plage crétoise à l’abri du regard de son épouse jalouse.

europe

Soit Dom en Crète a le Santorin sang taurin : comme dit Cabrel, « il ne va trembler devant ce pantin, ce minus !  » Et son apothéose (passage au rang de Dieu)

cornes(cornes sacrées, Cnossos)

est fatal au minet : à peine aura-t-il saisi les cornes de Dom que ce dernier le transpercera, et ce sera fini de sa culbute sur le dos du taureau.

jeu taureau (fresque du jeu de taureaux, Cnossos)

3) Cyril est notre GO, organisé, rigoureux et sa rigidité ne saurait souffrir aucune entorse  » :)  » à l’ordre des choses. Son installation au volant de la 306 louée par exemple suit une procédure millimétrée et sa check-list ne bouge pas d’un iota malgré les quolibets des potes : tour complet du véhicule, réglage de la position de conduite, des rétroviseurs, revue des passagers…
Lorsqu’il phone Sof pour s’enquérir de son avancée sur Lyon, il se fait remballer

  • une première fois parce que son appel coïncide avec l’impatience et le stress consubstantiels aux dernières minutes qui précèdent le départ
  • une seconde fois lorsque Sof en alerte maximale sur une zone zébrée de l’autoroute tergiverse devant un panneau.

RAS jusque là, puis RAS-le-bol avec l’estocade : Sof lui demande impérieusement à parler tout de go à Lionel afin que ce dernier lui indique la bonne direction. Too Much : Lionel en sauveur et Cyril au placard ? Rien ne va plus : Lionel  GO à la place du GO ?

Faut toutefois rendre à César ce qui appartient à César. En matière d’orientation par exemple, c’est Cyril qui ramène au bercail des brebis égarées à Spinalonga/ Agios Nicolaos. Il bénéficie pour le coup de la précieuse aide de Charlotte et Coline qui, carte en main, se substituent au GPS défaillant. D’où l’expression dorénavant mythique, à défaut d’être mythologique : « suivre la ligne de Co-line sous la houlette de Charlotte ».
C’est encore grâce à Cyril que les Alunés regagnent leurs pénates après une journée exténuante à Santorin. Il arrivent à l’hôtel in extremis pour le buffet, sur le fil (d’Ariane). Rien n’a été épargné au leader. Même Mimi concourt à sa pressurisation. Alors qu’il est concentré sur une route méconnaissable dans la nuit noire, Mimi le disperse en lui indiquant inlassablement la direction Anapolis (qu’elle confond depuis plusieurs jours avec Analipsis).

4) Pour le prix de cleptomanie dit « prix Lupin », Marie et Sof sont en lice. La première ne résiste pas aux verres des bars, la seconde est prête à escalader la façade de l’hôtel pour atteindre le balcon voisin où loge…un matelas gonflable. Le jury assène le « Lupin » à Sof pour l’ensemble de son oeuvre.

 

Au bout du rouleau

26 août 2015

Guigui emploie des expressions de son cru pour désigner les choses courantes :

  • Lorsqu’il va au petit coin pour la grosse commission, il « fait atterrir le boeing ». Cela traduit une vision biaisée du transport aérien. La chute de l’étron libéré et son amerrissage /amer(d)issage fracassant, en quelque sorte le SPLASH, évoque clairement le…CRASH.
  • Lorsque Guigui et son compère Lionel surnommés « bouton et pression »
    dupont(Starsky et Hutch ou Dupont et Dupond ?)
    libèrent leurs testicules de la contrainte des sous-vêtements en passant leur paluche par le haut du panier, ils « décollent les rouleaux ». « Gland bien leur fasse ! »
    L’expression semble convenir parfaitement à Lionel dont la dextérité des doigts est de notoriété publique :

lio (Lio en action)

Pour préserver son papa et éviter qu’il ne soit au bout du rouleau, Coline lui a suggéré d’acheter une machine à compter les billets, mais elle n’a pas conscience de l’importance du geste, relatif à une addiction. A chacun sa manie : Dom par exemple récupère les quartiers d’orange pressés par Guigui et décolle soigneusement la chair exsangue de la peau pour faire son plein de pulpe. Dom en rouleau compresseur !

Aluné un jour, aluné toujours

26 août 2015

Ma bande de joyeux drilles s’appelle les Alunés.

Lorsque les Alunés font débauche de table et deviennent botchs ou allumés, ils conchient les codes bourgeois de la bienséance des culs-serrés. Friands de truculences, de gaudrioles crues, ils abhorrent les « pets coincés », les « bien-pensants » et arborent un rire gros, gras, et exubérant à la moindre grivoiserie.

Mimi, encline à des enfilades de gags, caractérisée par sa fraîcheur, sa verve directe et joyeuse, émaille les ripailles de saillies ignées qui déclenchent un rire inextinguible. Parce que pour Mimi plus que pour n’importe qui d’autre : une chatte est une chatte ! D’aucuns lui reprocheront une attitude inconvenante digne d’un suppôt de Satan, ceux-là même regretteront peut-être les temps médiévaux où semblable excès aurait entrainé la mort par la corde ou le feu. Qu’ils aillent au diable, on ne touche pas à notre ange gardien, à notre « mimi honnie ».

a) Stimulée par l’absorption de force rasades de mojito, Mimi ouvre un repas rabelaisien organisé chez l’alsacienne Sophie par un mot pittoresque, savoureux, mordant et retentissant : « Enculette », qui deviendra le cri de ralliement des Alunés. Excellente inspiration, après tout, dans aluné il y a…lune !  Mimi s’est fait ce jour là une réputation dans le secteur du faire « de l’art avec du cochon » et impose depuis un respect qui réfrène notre propension à chanter le refrain : « Mimi, tu nous délaisses…cul ! »
Depuis, les autres comiques du groupe font figure de nains, de « Mimiputiens ».

mimi (mimi et le raki, Enculette !)

b) D’un astre à l’autre, avec Sea, Sex and Sun ! On attribue à Gainsbourg (1977) la pérennité de cet aphorisme, décliné par Eric Charden en « l’été sera chaud, l’été sera chaud, dans les t-shirts, dans les maillots« , alors que François Deguelt avait déjà défini le concept en 1965 : le (7ème) ciel, le soleil et la mer.

Au pays de Pythagore, le triangle de sommets Sea, Sex et Sun revêt la forme d’une équation : « Cucul + Qué-Crète = Enculette. »

Une nuance de GREY apportée toutefois à la devise gainsbourgienne : la valeur sex est convoquée à la (gains)barre.
La configuration des chambres qui impose une promiscuité avec les enfants et la ténuité des cloisons n’invitent pas au mélange des corps. Pourtant Dom ose car l’immodestie et la forfanterie lui fournissent le défi d’une vie, un sacré programme : celui de faire l’amour sous toutes les latitudes.  Fortifié par le challenge, il affronte les obstacles avec audace et panache. Ainsi Dom enlace encore et encore, mais Sof s’en lasse en corps et en corps. « Etreinte » est une anagramme de éternité pour Dom, étreinte rime avec « tu m’éreintes » pour Sof.
A entendre le mot de Carine lorsque Lionel se fait accidentellement ébranler les cloches intimes – un « ça va le calmer » sorti du fond des tripes – Lionel  se heurte aux mêmes désagréments de la fougue masculine. Dom s’en réjouit, mais il déchante le soir même lorsqu’il apprend que les jabotements des inséparables servent de berceuse à leurs oisillons.
Dom est sur le cul. Lionel est un dieu de l’amour, il vient définitivement d’atteindre une dimension CHRISTIAN-nique.

Autre nuance apportée cette fois-ci au caractère rabelaisien du groupe. Dom qui a la réputation de manger matin-midi et soir des carottes pour garder la ligne, est scruté à son insu lors du premier petit déjeuner et les moqueurs s’en donnent à coeur joie lorsqu’il prend à la pince, avec des pincettes, quelques raisins secs pour accompagner son fromage blanc allégé.
Guigui taquin s’engage quand même à suivre son régime…crétois. Contrat rempli à croire cet aperçu du check-up de Guigui

checkup

à moins que ce ne soit celui du…ketchup de Lionel

PS :  Petit aparté avec un bref historique du groupe. En deux temps. D’abord, des rencontres autour de l’école et du sport des enfants. De la retenue, de la modération, de la courtoisie pour le « vernis-sage » : le foot et le verbe. Enfin, le tres-sage de liens amicaux étroits et solidaires dont le point d’orgue est un « alunissage/à-l’uni-sage » sur les terres ardéchoises, avec au pas-sage une kyrielle de blagues de trous-sage : le foutre et la merde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le prénom

6 août 2015

Matériaux :

  • un petit séjour très sympathique chez les cousins lyonnais
  • un guide de voyage sur la Californie survolé
  • des excursions faites autour de Montpellier avec Ro et Charlot.

Principe de la construction : rebondir d’une visite (réelle ou virtuelle) à l’autre, chaotiquement, comme une boule de pétanque sur un terrain caillouteux.

Mise en garde adressée au lecteur : Ne pas chercher de cohérence mais s’abandonner à une co-errance.

1) Accueil un brin rebutant au restaurant Le pique assiette dans le vieux Lyon. La serveuse nous pousse sans ménagement à une installation express et distribue sans urbanité la carte. Petite déception devant cet établissement qui promettait un dîner parfait, comparable- toute proportion gardée – à la désillusion causée par une dégustation de pinard qui commencerait par un goût de bouchon.

Au moment de la commande, suite à une remarque anodine que je glisse à Ro, la serveuse me chapitre doucement : « ça suffit John ! », comme si j’étais un sale « gone », ignorant que je suis plutôt… poli gone poly-gone. Elle brise la glace et, dans la suite du repas, sa langue se délie, elle se fait plus agréable.

John ? Mon nom est John ? Et d’abord, pourquoi passer de l’autre côté de la Manche, pourquoi pas Jean, surtout dans ce quartier de Lyon ?

L’anecdote me fait penser à Zacharie – incrédule lorsque l’ange Gabriel lui annonce que sa vieille épouse stérile Elisabeth donnera naissance à un fils et troublé au point d’irriter l’ange qui le rend muet – qui recouvre la parole lors de la circoncision du nouveau-né, au moment où il écrit sur des tablettes :  » Jean est son nom. »

2) Petite promenade après le repas, on déambule dans une perpendiculaire à la rue de la Baleine. Rue médiévale avec une rigole centrale latrinale. On tient évidemment le haut du pavé, comme en matinée à la cité de Pérouges. On lève la tête et, avec un peu d’imagination, on entend « gare à l’eau » – qui a traversé la manche en donnant garyloo = toilettes – annonçant le déversage des eaux usagers et du pot de chambre par les fenêtres.
En deux coups de cuillères à pot, on est devant la cathédrale St Jean-Baptiste, sise au pied de Fourvière. Avec ses quatre tours, la basilique éponyme de la colline dame le pion à la cathédrale gothique.

fourvièrejean

3) On traverse maintenant l’Atlantique, Jean donnant j-e-a-n. Entendre jean, denim, toile fabriquée à Nîmes (d’où denim) et importée du port de Gênes (d’où jean).
Nouvelle position : San Francisco, devant l’Église Saints-Pierre-et-Paul, en Levi’s 501.

Saints_Peter_and_Paul_Church

4) Mais l’association Pierre-Paul évoque à présent Riquet, le bâtisseur du Canal du Midi, enfant de Béziers célébré par une statue près du plateau des poètes. Le personnage ne manque pas de sel puisque, avant de concevoir son chef d’oeuvre à écluses, il collecte la gabelle. Attachez vos ceintures, catapultage immédiat à Aigues-mortes aux Salins du midi.

5) Biterrois aussi, le plus célèbre des Résistants, arrêté à Caluire dans la banlieue lyonnaise le 21 juin 1943 : un certain Jean Moulin.

Moulin

Mort en héros pour la France, et ça à cause d’un certain…

Vous avez deviné le prénom ?

Le prenom

6) Rex, pseudo de Jean Moulin dans la Résistance. Rex, ça aurait pu être le nom du chien des cousins, mais ils ont choisi Jarvis. Un chien affectueux, un brin pot de colle, qui n’a rien à voir avec celui de Jean de Nivelle (qui s’enfuit quand on l’appelle).

Ovidie ou l’eau vive

20 juillet 2015

J’ai fréquenté ces derniers jours Ovidie, ex-hardeuse et réalisatrice. Brillante et féministe-comme-il-faut. Elle prône -ça coule de source- une sexualité décompléxée et sans frein pour la femme. Je vote : +1.

  • La masturbation féminine par exemple. Je suis pour à 200%. Pourquoi l’homme pourrait se toucher le zizi et la femme devrait s’interdir toute pensée « coupable » ? « Il faut bien que le corps exulte ». Vive les fantasmes : l’inconnu au regard de braise croisé au feu rouge, le collègue qui pilonne derrière la photocopieuse, le jeune éphèbe à qui on fait découvrir maternellement les joies de la chair…et, pourquoi pas, le viol avec des verges qui finissent par ébaudir. No limit ! Vive la masturbation parce que « je suis chez moi et je fais c’que j’veux », parce que c’est aussi pour les femmes étouffées un formidable pied de nez à leurs ayatollahs de maris.
  • Le sex-toy. Pour à 200%. Pas le sex-toy en réunion tupperware pour glousser entre cops, pas le sex-toy parce que c’est fun comme dans Sex and the city, mais le sex-toy pour ce qu’il est, un instrument de jouissance.

J’ai d’abord vu le film d Ovidie intitulé A quoi rêvent les jeunes filles ?.  Je suis allé ensuite sur le ticket de Metro (son blog) et j’ai lu un billet sur la sodomie dans le « porno mainstream ». Son regard d’ex-hardeuse et de réalisatrice dans le milieu est éclairant et on est à 100 lieues d’imaginer la sodomie comme une cascade lorsqu’on s’astique le poireau devant un film de boules.

Et je ne vous parle même pas de tous les nombreux « accidents » de propreté qui, eux, concernent aussi bien les débutantes que les expérimentées. Bien des actrices ont eu les larmes aux yeux parce qu’elles se sentaient humiliées de faire « une anale marron » en public. Il arrive parfois lors du lavement que toute l’eau mélangée aux excréments ne soit pas complètement expulsée car située trop haut dans les intestins, et qu’elle redescende au moment où on l’attend le moins.

Je retourne aujourd’hui sur son blog et dans sa dernière entrée, elle commente le livre petit éloge de la jouissance féminine de Adeline Fleury, qui raconte le premier orgasme de l’auteure à 35 ans et le bouleversement consécutif.

Article intéressant, mais pourquoi sa lecture m’est désagréable, pour ne pas dire pénible ?

« J’envie les tonitruants » qui pensent sincèrement être des dieux de l’amour. « J’envie les sûrs d’eux », ceux qui ne doutent jamais de leur puissance sexuelle, ceux qui sont convaincus que faire grimper la femme aux rideaux est une seconde nature.

- Qu’est-ce qui t’arrive Dom, tu déprimes ? t’as pas été bon ? ressaisis-toi coco, ça arrive, même aux meilleurs !

Se poser, se coucher sur le thème de sa propre sexualité. L’exercice est difficile et c’est un sujet qu’on enfonce volontiers à grand coup de marteau au plus profond de soi lorsqu’il pointe la tête, qu’on enfouit dans sa poubelle interne, qu’on envoie au tapis, qu’on balaie sous le tapis. La raison est simple : on redoute une conclusion peu flatteuse, dommageable à son ego et irréversible.

Alors, pourquoi refuser aujourd’hui la politique de l’autruche ? J’ai fréquenté ces derniers jours Ovidie, brillante et féministe-comme-il-faut. C’est elle qui m’a convaincu de me battre contre moi-même.

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